Les commentaires et analyses après la signature, à Washington DC, capitale des États-Unis d’Amérique, de l’accord de paix entre le Rwanda et la RDC continuent d’être enregistrés sur les médias sociaux et médias traditionnels mais aussi dans les rues de Kinshasa et d’autres villes de la République démocratique du Congo.
Si plusieurs Congolais et Congolaises saluent cet accord, certaines personnes expriment leur désapprobation vis-à-vis de ce document qu’il qualifie de piège pour la RDC.

Princilia MASENGU KAYOKA, activiste, défenseure des droits de l’Homme mais aussi et surtout Internationaliste est de celles qui s’y opposent. Pour elle, c’est la RDC qui en sort perdante et humiliée :

‹‹ Cela est semblable à une femme victime de viol mais comme elle est tombée enceinte, elle accepte de cohabiter avec son bourreau par peur d’être incapable de prendre en charge la grossesse seule et pour fuir les regards méprisants de la société à son égard ! Accepter de négocier avec le Rwanda revient à insulter tous nos millions de morts durant près de 3 décennies, l’Occident (L’Union Européenne et les États-Unis d’Amérique ont joué un rôle néfaste en appuyant leur allié Paul KAGAME). Alors, conclure que c’est un accord pour la paix, je n’en suis pas très sûre. Cet accord répond aux intérêts mesquins des États-Unis d’Amérique et lave le Rwanda à travers Paul KAGAME de toutes ses charges en tant qu’État agresseur de la RDC. On dit qu’il n’y a pas de paix sans justice et il n’y a pas de justice sans réparation ››, a-t-elle déclaré.
À la question de savoir ce qui lui fait peur ou lui dérange, Princilia MASENGU KAYOKA répond que cet accord risque de rencontrer des contradictions et créer des frustrations entre les belligérants.

‹‹ Il peut y avoir également un non-respect de l’application de ces accords car les accords sont signés par les Etats mais leur exécution dépend de la bonne fois de ces derniers. Donc, la peur est de nous retrouver en train de perdre nos minerais et perpétuer l’insécurité. Aussi connaissant nos dirigeants, est-ce que dans ce fameux échanges des minerais, le peuple congolais se retrouvera ? Où on va assister à des rétro commissions et corruption sans fin ? ››, s’est exprimée.
Poursuivant ses propos, Princilia M. KAYOKA estime que le gouvernement congolais ne pouvait pas accepter de voir de milliers de personnes mourir sous un regard impuissant et en assurant à ces derniers qu’il y aura une riposte vigoureuse pour ensuite céder aux désidératas de Paul KAGAME.
‹‹ Si cet accord s’inscrit dans la logique d’un repli stratégique, bien que tard mais la question pour nous serait de s’organiser en interne ( Notre armée, mettre en place une vision politique claire pour protéger nos ressources et notre intégrité territoriale). Je serais d’accord mais connaissant la mentalité de nos dirigeants je ne crois pas, car ils vont tout oublier attendre que les événements les surprennent comme toujours. Gouverner c’est prévoir, dit-on ! Si nos dirigeants avaient cette notion mais Bunagana et toutes les autres localités ne seraient pas tombées››, a-t-elle dit avec regret .
Princilia MASENGU KAYOKA recommande ainsi au gouvernement congolais de considérer cet accord signé, selon elle, en état de faiblesse, comme un recul pour repartir sur des nouvelles bases afin de faire de la RDC un Etat fort et puissant demain.

‹‹ Sur la scène internationale, les relations entre Etats sont régies par les rapports de force, dans lesquels seuls les plus forts dominent. Ainsi, penser à une paix éternelle dans l’Est de notre pays parce que nous venons de signer cet accord c’est de l’utopie, les États-Unis d’Amérique ne viendront pas sécuriser notre pays à notre place partant du principe qu’en politique seuls les intérêts priment. Il faut donc être conscient que les alliances se font et se défont et au nom du dynamisme politique, l’Amérique qui est notre allié aujourd’hui ne le sera pas pour toujours ››, a-t-elle conclu.
Dave NGONDE
