Une campagne numérique prônant le maintien de l’excision a suscité une vague de protestation au Mali, où des organisations des droits des femmes s’opposent à cette pratique.

Sous le mot d’ordre « Non à l’excision», ces mouvements appellent les autorités à « protéger les filles », à travers une disposition interdisant explicitement cette pratique.

Pour ces militantes, l’excision n’est pas encore formellement condamnée au Mali.
« Il n’y a pas de loi qui parle expressément de l’excision, mais le code pénal, dans son titre 2, parle des atteintes à la personne humaine et au genre », a indiqué Me Saran KEITA DIAKITE, avocate au barreau du Mali, à la BBC.
Cette vague de contestation fait suite à la diffusion d’une campagne favorable à l’excision menée sur les réseaux sociaux par des hommes. Certains sont connus, alors que d’autres restent anonymes.
L’imam Mahmoud DICKO, opposant à la junte militaire en exil, est présenté comme un soutien à l’excision. Toutefois, il n’a pas publiquement revendiqué son adhésion à ces visuels.
Largement partagées sur les réseaux sociaux, ces affiches sont des images générées par l’intelligence artificielle. L’excision y est présentée comme un moyen de contrôler la sexualité de la femme.

« Ce qui m’a préoccupée particulièrement, c’est le fait que cette campagne ait utilisé des codes de communication qui sont modernes, dans les réseaux sociaux, pour donner une sorte d’apparence de légitimité à une pratique qui porte atteinte à l’intégrité physique des filles et des femmes », a déclaré Zeinabou TINA IDE, défenseure des droits des femmes.
Face à cette situation, des organisations féministes ouest-africaines ont lancé une campagne de signalement pour identifier les auteurs de ces visuels.
L’excision fait partie des mutilations génitales féminines. Elle désigne toutes les interventions qui consistent à retirer partiellement ou totalement des organes génitaux féminins. L’excision est opérée généralement sans justification médicale. Selon l’Unicef, 89 % des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans au Mali ont subi une excision.

Les arguments avancés pour la pratique font notamment référence à la tradition, à la culture ou à la religion. Mais les organisations de défense des droits des femmes et les acteurs de santé la considèrent comme une mutilation génitale.
Aggée CHUGA
