A l’approche d’un dialogue national annoncé par le président Félix TSHISEKEDI, les femmes politiques veulent s’imposer comme des actrices dans le processus de résolution de la crise politique et sécuritaire en RDC.

Pour Carine Kanku, coordonnatrice de la DYNAFEC, le dialogue national doit être un cadre inclusif permettant aux femmes et aux hommes de réfléchir ensemble aux problèmes qui fragilisent la paix et le développement de la République démocratique du Congo. Elle estime que la participation des femmes à ce processus ne doit pas se limiter aux questions qui leur sont spécifiquement liées, mais s’étendre à l’ensemble des enjeux qui préoccupent la nation.

Elle considère également ce dialogue comme une occasion de faire entendre les frustrations longtemps exprimées par les femmes concernant leur participation politique et l’application effective des dispositions légales qui garantissent leurs droits. Pour elle, il est temps que les femmes et les hommes puissent évoluer sur un même pied d’égalité dans les processus de prise de décision, sans que la culture, les normes sociales ou les valeurs traditionnelles ne servent de justification à leur exclusion.
Au-delà de leurs revendications spécifiques, Carine Kanku insiste sur la nécessité pour les femmes de prendre part aux discussions sur les grands maux qui affectent le pays, notamment la corruption, le chômage et le tribalisme, dans la perspective de contribuer à la construction d’une paix durable.
« Les femmes seront à ce dialogue, pas que pour leurs problèmes spécifiques, mais pour tous les problèmes, pour tous ces maux qui gangrènent notre nation », insiste-t-elle.
Gisèle MISENGA MBAMBA , actrice politique et élue conseillère de N’selé , s’inscrit dans la même logique. Elle plaide pour une représentativité effective et structurée des femmes lors de ce dialogue.

« Nous voulons que les opinions des femmes soient entendues et prises en compte. Avez-vous déjà fixé un quota de représentation pour ce dialogue ? Les femmes doivent se réunir pour rédiger un cahier des charges commun à présenter aux instances supérieures afin de garantir leur quota de participation », a-t-elle préconisé.
Le climat politique demeure crispé en RDC, où plusieurs territoires sont occupés par les rebelles du M23-AFC, soutenus par le Rwanda, dans la région du Kivu.
Plusieurs acteurs politiques et de la société civile appellent à une concertation nationale face à la crise politique et sécuritaire.

Si le président Félix TSHISEKEDI a promis de s’adresser à la nation sur la question, les contours du prochain dialogue ne sont pas encore définis. Entre-temps, les femmes ne veulent pas rester de simples spectatrices.
Ézéchiel NGAMANIA
