Dans le cadre d’Octobre Rose, Angel Foundation et le Groupe Angel ont organisé un panel suivi d’un dîner de sensibilisation consacré à la lutte contre le cancer du sein jeudi 29 octobre au Pullman Kinshasa.

L’importance du dépistage précoce, les moyens de prévention et la prise en charge de la maladie, particulièrement auprès des femmes issues des milieux défavorisés, ont été au cœur des échanges lors de cette rencontre.
Pour Béatrice COLY, directrice pays d’Angel Foundation, cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions menées par la fondation depuis 2024, en collaboration avec les Cliniques du Cœur. Ce partenariat permet, selon elle, de dépister environ 9 000 femmes chaque année.

Les participants ont également discuté de la situation du cancer en RDC.
Lors de son intervention, le Dr Benjamin PENGE, coordonnateur technique du Centre national de lutte contre le cancer (CNLC), a alerté sur l’augmentation de l’incidence des cancers dans le pays.

D’après lui, près de 80 % des femmes atteintes arrivent dans les structures sanitaires à un stade avancé de la maladie. Une situation, affirme-t-il, qui rend leur prise en charge plus complexe, plus longue et particulièrement coûteuse.
Selon les statistiques de 2024 présentées par l’expert, la RDC a enregistré 69 739 nouveaux cas de cancer. Le Dr Benjamin PENGE a indiqué que le cancer du sein figure parmi les principales préoccupations, avec 9 722 nouveaux cas et 4 606 décès féminins.
Les échanges se sont poursuivis autour d’un panel réunissant quatre experts : le Docteur Trésor MPOYI BARUANI des Cliniques du Cœur, Stella WANKAMBA, psychologue, le Dr Arsène TSHILOMBA du Centre Médical de Kinshasa et Stephie LUAULA, fondatrice de la Maison Périnatale Mwana Mboka.
Les discussions ont porté sur le dépistage, la prise en charge médicale et psychologique des patientes ainsi que les questions de santé reproductive liées au cancer du sein.
Les témoignages de Sharufa AMISSI, militante contre le cancer du sein et représentante de la Fondation Bomoko, et de Carine NANIKIAN, survivante de la maladie, ont été un moment marquant de cette rencontre.
Pour Sharufa AMISSI, cette mobilisation doit se poursuivre au-delà du mois d’octobre. Elle souligne la nécessité de maintenir les actions de sensibilisation de terrain et de libérer la parole autour de cette maladie. Elle affirme que cette maladie ne doit pas être considérée comme un sujet tabou.

Carine NANIKIAN a, quant à elle, rappelé l’importance du dépistage, invitant les femmes congolaises à accorder davantage d’attention à leur santé et à ne pas négliger cet examen.

La soirée s’est achevée autour d’un dîner réunissant les différents intervenants et participants, dans une ambiance propice aux échanges et au réseautage, avant une photo de famille.

Au-delà de ce moment de convivialité, cette rencontre a permis de remettre au centre des discussions l’urgence du dépistage précoce et la nécessité de rendre les services de prévention accessibles à toutes les femmes, indépendamment de leur situation sociale.
Germaine BAKAMBANA
