La Cour Pénale Internationale (CPI) a délivré des mandats d’arrêt à l’encontre de deux figures éminentes du régime taliban. Ces derniers sont accusés d’avoir orchestré la persécution des femmes, constituant ainsi un crime contre l’humanité, en Afghanistan depuis le retour au pouvoir de ces extrémistes islamistes, il y a quatre ans.

Dans un communiqué, les magistrats de la CPI ont précisé qu’il existait des « indices raisonnables » que le chef suprême taliban, Haibatullah AKHUNDZADA, ainsi que le président de la Cour suprême, Abdul Hakim HAQQANI, aient « commis, en ordonnant, incitant ou sollicitant, le crime contre l’humanité de persécution […] pour des motifs liés au genre, à l’encontre de filles et de femmes ».
« Bien que les talibans aient instauré un ensemble de règles et d’interdictions applicables à l’ensemble de la population, ils ont spécifiquement ciblé les filles et les femmes en raison de leur genre, leur déniant ainsi leurs droits et libertés fondamentaux, » a déclaré la CPI.

Le tribunal, dont le siège est établi à La Haye, ville des Pays-Bas en Europe, a signalé que les crimes allégués avaient été perpétrés entre le 15 août 2021, date de la prise du pouvoir des talibans, et au moins jusqu’au 20 janvier 2025.
Les talibans ont gravement dépouillé les filles et les femmes de leurs droits à l’éducation, à la vie privée et familiale, de même que de leurs libertés de mouvement, d’expression, de pensée, de conscience et de religion.

« De surcroît, d’autres individus ont été visés car certaines manifestations de la sexualité ou de l’identité de genre étaient jugées incompatibles avec les politiques des talibans en matière de genre, » ont noté les juges.
Aggée CHUGA
