Dans un rapport publié le 13 octobre, la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (FIFPRO) lève le voile sur la précarité des footballeuses en Afrique.

Se basant sur les témoignages recueillis au Botswana, en Egypte, au Gabon et en Afrique du Sud, cette structure révèle que le salaire mensuel moyen des joueuses interrogées s’élève à 400 euros, équivalent de 432 dollars américains, contre 2237 euros au niveau mondial.
Selon ce rapport, la satisfaction salariale atteint seulement 2,2 sur 5 sur le continent africain, représentant un score faible parmi les régions étudiées.
Les conditions des joueuses sont encore bien plus compliquées en RDC, où le football féminin demeure au stade amateur.
« En RDC, le football féminin souffre d’un sérieux manque de financement. Si certains clubs chez les hommes n’ont pas de moyens pour effectuer le déplacement pour des rencontres du championnat national, la situation est bien pire chez les dames où plusieurs équipes manquent de tout », a commenté Djastro MUBEMBA, responsable de communication de la Ligue nationale de football féminin (LINAFF).
Ce déséquilibre est également observable au niveau de la sélection nationale féminine. Les Léopards dames ne bénéficient pas du même soutien que les messieurs.
Selon une source proche de cette sélection, les primes sont payées, mais pas de manière régulière contrairement à ce qui se fait chez les messieurs.

« Le traitement est un peu différent entre nous et les footballeurs », nous a confié Deborah BOLEKI, joueuse du FCF TP Mazembe et internationale.
Cette joueuse estime qu’elles devraient pourtant être traitées sur un pied d’égalité avec leurs homologues masculins.

« Nous voulons aussi avoir les mêmes conditions que les Léopards messieurs lors de nos préparations. J’espère que cela finira par arriver tôt ou tard », a-t-elle ajouté.
Bien au-delà de l’équipe nationale congolaise, ce tableau montre un contraste saisissant avec le football masculin.
Selon la FIFPRO, les retards de paiement, l’instabilité des revenus et l’absence de garanties contractuelles peuvent compliquer la planification de l’avenir des footballeuses.
Cette précarité soulève, indique l’association de défense des droits des footballeurs, la question de la responsabilité des clubs et des fédérations dans la construction d’un environnement professionnel stable.
Pour Deborah BOLEKI, les conditions varient toutefois d’un club à un autre.
« Prenons mon cas :nos conditions sont vraiment bonnes sur tous les plans au FCF TP Mazembe. Je ne sais pas trop quelle est la situation dans les autres clubs », a-t-elle nuancé.
Face à la vulnérabilité économique des footballeuses, la FIFPRO a lancé l’initiative « Raise Our Game », dont l’objectif est de transformer en profondeur le statut de la joueuse africaine. Elle réclame des contrats systématiques, une rémunération et des droits professionnels protégés pour les joueuses du continent.
MT
