Ce jeudi 4 décembre 2025, Afia Mama ASBL, en collaboration avec l’Ambassade de la République fédérale d’Allemagne, a organisé un atelier de renforcement des capacités des défenseurs des droits humains (DDH) autour du plaidoyer et du genre. Un moment d’échange qui a réuni des participants venus de plusieurs provinces de la République démocratique du Congo (RDC), notamment du Sud et du Nord-Kivu, lesquels ont rempli la salle Salonga.

Après la présentation du programme de la journée par l’activiste Anny MODI, Me. Frédéric KWAMBA, avocat au barreau de Kinshasa/Gombe, est intervenu sur le thème : « Les droits et les obligations d’un défenseur des droits humains ».

Il a invité les participants à renforcer leurs connaissances juridiques pour éviter de s’exposer inutilement dans l’exercice de leur mission.
« La première sécurité, pour ne pas s’exposer en droit, c’est d’avoir la connaissance des droits et des obligations. Cette connaissance permet de comprendre ce qu’il faut faire et de mieux sensibiliser », a-t-il expliqué.
Selon ce conseiller juridique, il est essentiel de maîtriser les notions attachées aux droits et aux obligations afin d’éviter toute confusion.

« En droit, nous avons la liberté d’expression, le droit d’accès à l’information, le droit d’association… Autant d’éléments qui soutiennent la synergie dans la mission d’un défenseur des droits humains. Quant aux obligations, il y a le respect de la légalité, l’impartialité ou du moins l’absence de subjectivité ainsi que la maîtrise de l’éthique, la sensibilisation et l’éducation », a-t-il ajouté.
Cette intervention, particulièrement riche sur le plan cognitif, a été suivie d’un jeu de questions-réponses au cours duquel les participants se sont montrés très engagés. Les arguments de Me. Frédéric KWAMBA ont su convaincre et éclairer l’auditoire.

Au sortir de l’atelier, plusieurs participants ont salué l’initiative de Afia Mama ASBL, qui vise à renforcer les compétences des hommes et des femmes œuvrant pour les droits humains.
« Aujourd’hui, pour cette deuxième journée de formation, nous avons été formés sur les droits, devoirs et obligations des DDH. Souvent, nous défendions mal nos droits, mais grâce à cette formation, nous avons reçu un renforcement de capacités qui va désormais nous permettre de mieux faire notre travail, à Kinshasa comme ailleurs », a témoigné un participant venu du Nord-Kivu.
La pertinence de deux jours d’ateliers
Au micro de POURELLE INFO, Anny MODI est revenue sur la particularité de ces sessions de formation dans le contexte actuel.
« Aujourd’hui, nous avons formé des défenseurs des droits humains déplacés à Kinshasa, qui ont fui les provinces de l’Est à cause de l’escalade des conflits. Nous avons préparé un paquet de formations pour renforcer leurs capacités et leur résilience, afin de faciliter leur réintégration socio-professionnelle. En réalité, la majorité n’avait pas une maîtrise suffisante de la situation qui prévaut dans l’Est. Il fallait donc ajouter des modules sur la gestion des traumatismes et du stress, ainsi que sur les droits et obligations des DDH », a-t-elle expliqué.
Ézéchiel NGAMANIA
