Alors que plusieurs organisations de défense des droits humains appellent à la libération de Bishop Josée RACHIDY, activiste des droits des femmes, le ministère des Affaires sociales l’accuse de diffamation.

Cette activiste des droits des femmes est détenue depuis le lundi 17 août. Selon un communiqué de la Dynamique chrétienne pour la défense des droits humains (DCDHE), Bishop Josée RACHIDY avait été invitée au cabinet de la ministre des Affaires sociales, Eve BAZAIBA, pour « une rencontre à caractère amical et professionnel », avant d’y être interpellée.
La Synergie congolaise des femmes défenseures des droits humains (SYCOFEDDH), quant à elle, dénonce «une arrestation arbitraire et une violation manifeste de la loi ». Pour cette structure, une ministre ne dispose pas de la qualité d’officier de police judiciaire. Elle fustige ainsi les conditions de l’arrestation de Bishop Josée RACHIDY, menée, selon elle, «sans mandat régulier et sans situation de flagrance légalement établie ».
L’interpellation de Bishop Josée RACHIDY est intervenue après la publication d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, l’activiste s’en est vivement prise à la ministre Eve BAZAIBA, la mettant en cause sur fond d’allégations de détournement de l’aide humanitaire.
Elle a notamment dénoncé l’absence d’assistance apportée aux déplacés à leur retour d’Uvira, affirmant qu’une somme de cinq millions USD se trouvait sur le compte du ministère lors de la remise et reprise entre la ministre BAZAIBA Ève et sa prédécesseur Nathalie AZIZA MUNANA.
Ces allégations ont suscité une vive réaction du cabinet de la ministre des Affaires sociales, qui les rejette catégoriquement.

« Ces accusations dénuées de tout fondement s’inscrivent manifestement dans une campagne de diabolisation, de calomnie et d’atteinte à l’honneur visant à ternir l’image et l’intégrité d’une autorité de l’État », a réagi le ministère dans un communiqué consulté par Pourelle.Info.
Le dossier est désormais entre les mains de la justice. La DCDHE estime que la défense des droits des personnes déplacées, des réfugiés et des femmes ne saurait être assimilée à une infraction.

La ministre des affaires sociales Eve BAZAIBA, de son côté, attend voir de Josée RACHIDY des preuves tangibles à l’appui de ses accusations de détournement.
TM
