A travers les ouvrages « La puissance des normes socioculturelles sur les droits à la participation politique des femmes en RDC : cas des élections 2023 » et « De la parité aux instances de décisions : femmes, droits et gouvernance à l’ère du numérique en RDC », Pacifique NKUNZI, ambassadeur de la masculinité positive et chercheur, met en lumière les obstacles de la parité dans la gouvernance politique.

Ces deux livres ont été officiellement portés sur les fonts baptismaux lors d’une cérémonie organisée lundi 19 octobre au CEPAS devant des personnalités politiques, de la société civile et du monde universitaire.

Il s’agit notamment de la Directrice de cabinet adjointe du Chef de l’Etat chargée des questions juridiques et politiques, Nicole NTUMBA BWATSHA, du représentant de la ministre du Genre, Famille et Enfant, mais aussi de la représentante adjointe d’ONU Femmes, Catherine ODIMBA, ainsi que de la cheffe de la section genre de la MONUSCO, Mireille LAURIER AFFA’A.
Pacifique NKUNZI confronte, dans les deux ouvrages, l’arsenal juridique sur la parité aux normes sociales. L’auteur révèle un contraste saisissant, levant le voile sur les obstacles socioculturels dans la participation politique des femmes durant les élections de 2023.

Parmi ces obstacles figurent notamment la persistance des stéréotypes sexistes, l’insuffisance des opportunités, des difficultés d’accès aux ressources.
L’ambassadeur de la masculinité positive lance, à travers ces deux publications, un appel à ne pas se limiter au cadre juridique pour garantir une gouvernance inclusive.

« Si l’on ne touche pas nos us et coutumes avec des sessions de renforcement des capacités, de sensibilisation, l’on ne va pas aboutir», a-t-il déclaré, appelant à faire de la masculinité positive « un levier de transformation sociale ».
Ecart entre les textes et les normes sociales
Baptisant le livre « La puissance des normes socioculturelles sur les droits à la participation politique des femmes en RDC : cas des élections 2023 », la professeure Nicole NTUMBA BWATSHA a insisté sur ce paradoxe.
« Cet ouvrage nous rappelle une vérité fondamentale : il ne suffit pas que le droit reconnaisse un pouvoir à la femme pour que la société lui permette réellement de l’exercer. Dans les profondeurs de notre société subsistent des représentations, des croyances, des attitudes et des résistances qui continuent de déterminer la place que la femme peut ou ne peut pas occuper dans l’espace politique », a-t-elle expliqué.
Le professeur Daniel MBAWU a, quant à lui, baptisé l’ouvrage « De la parité aux instances de décisions : femmes, droits et gouvernance à l’ère du numérique en RDC ». Il y voit les marques du combat de Pacifique NKUNZI pour les droits des femmes et la consolidation des droits acquis.
« Toute la pédagogie renfermée dans cet ouvrage aura vocation à mobiliser les acteurs politiques, à rationaliser les hommes qui sont dans la salle et partout ailleurs, pour qu’ils prennent en considération les droits des femmes », a-t-il affirmé.
Ancienne provinciale GFAE du Lualaba, Julienne FEZA perçoit ces deux ouvrages comme des outils qui vont permettre une meilleure appropriation de cette question par les décideurs.

« C’est important qu’on mette l’accent sur cette inadéquation entre les textes, les programmes et les droits qui proclament la non-discrimination des femmes ainsi que la persistance de cette faible représentativité des femmes », a-t-elle confié.
L’Agora juridique, un groupe réunissant des étudiants en droit de l’Université de Kinshasa, a interprété une pièce théâtrale axée sur la participation politique des femmes.
Intervenante dans cette pièce, Winnie MATEMBE, étudiante en dernière année, a évoqué plusieurs pesanteurs qui freinent cette participation.

« Certaines femmes ont la volonté de pouvoir participer à la politique, mais elles sont butées à plusieurs difficultés, dont la discrimination parce qu’elles sont femmes, mais aussi le doute sur leur capacité à assurer certaines fonctions », a-t-elle fait remarquer. D’après elle, la RDC pourra inclure effectivement les femmes dans le domaine politique avec les lois existantes et le renforcement des capacités des acteurs politiques.
En RDC, la participation des femmes dans les instances de décisions demeure au cœur de débats. La présentation de ces deux ouvrages de Pacifique NKUNZI intervient, surtout, dans un contexte où des organisations de femmes se mobilisent pour jouer un rôle actif lors du prochain dialogue national inclusif.

TM
