Alors que l’opposition avait appelé à une journée de « ville morte » ce mercredi 3 juin, plusieurs femmes commerçantes,
dans la commune de Kintambo particulièrement, ont choisi de maintenir leurs activités. Entre enjeux politiques et impératifs économiques, beaucoup affirment ne pas avoir le luxe de rester chez elles.

Dès les premières heures de la matinée, les avenues du quartier Kintambo présentaient un visage relativement habituel. Des étals de légumes, de fruits, de beignets et de produits de première nécessité étaient installés le long des routes, tandis que des clientes circulaient discrètement pour effectuer leurs achats.

Pour ces femmes qui vivent essentiellement du commerce de proximité, chaque journée de travail compte. Une journée sans vente peut avoir des conséquences directes sur l’alimentation, la scolarité des enfants ou encore les dépenses de santé du ménage.

« Si je reste à la maison aujourd’hui, qui va nourrir mes enfants ce soir ? », s’interroge une vendeuse de légumes rencontrée sur l’avenue Kasa-Vubu.
Comme elle, de nombreuses commerçantes reconnaissent suivre l’actualité politique du pays, mais estiment que les réalités économiques auxquelles elles font face les obligent à poursuivre leurs activités.

Sur les marchés de proximité, l’affluence était certes moins importante que lors d’une journée ordinaire, mais l’activité économique n’était pas à l’arrêt. Les vendeuses échangeaient avec leurs clientes dans une ambiance calme, loin des tensions généralement associées aux mouvements de protestation.
Pour plusieurs observateurs, cette situation illustre le dilemme auquel sont confrontées de nombreuses femmes du secteur informel : concilier leur droit d’exprimer une opinion citoyenne avec la nécessité quotidienne de générer des revenus.

À Kintambo, ce mercredi 03 juin 2026, la priorité semblait clairement être la survie économique. Malgré les appels à la mobilisation, les femmes commerçantes ont choisi de rester derrière leurs étals, témoignant une fois de plus du rôle central qu’elles jouent dans l’économie familiale et locale.
Au-delà de la question de la « ville morte », cette journée rappelle une réalité souvent méconnue : pour de nombreuses femmes de Kinshasa, chaque journée de travail représente bien plus qu’une activité économique. Elle constitue une condition essentielle à la survie de leurs ménages.
Germaine BAKAMBANA
