Le nouveau gouvernement provincial de Kinshasa, annoncé ce jeudi 16 octobre 2025, suscite une vive polémique en raison de l’absence totale de femmes dans sa composition. Parmi les premières voix à s’élever contre cette exclusion figure celle d’Antoinette LOKOMBA MBOYO, conseillère communale élue de Makala. Elle dénonce une grave entorse à la parité garantie par l’article 14 de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration accordée au média POURZLLE.INFO, la conseillère a exprimé son profond regret et sa préoccupation face à cette situation qu’elle juge déconcertante. Selon elle, l’absence des femmes dans les instances décisionnelles représente une régression alarmante dans la lutte pour la parité et la représentation équitable des genres.

« Nous exprimons notre profond regret et notre vive préoccupation face à l’absence totale des femmes dans le nouveau gouvernement provincial de Kinshasa. Cette réalité constitue une régression préoccupante dans le combat pour la parité et la représentation équitable des femmes dans les instances de prise de décision.Ce recul est en contradiction flagrante avec les garanties constitutionnelles, ainsi qu’avec les engagements régionaux et internationaux pris par la République démocratique du Congo en matière d’égalité des genres.
Nous appelons les autorités de la ville de Kinshasa à corriger cette injustice et à veiller à une gouvernance réellement inclusive, où la voix des femmes compte pleinement. L’intelligence, la rigueur et les compétences des femmes congolaises ne sont plus à démontrer », dit-elle.
Antoinette LOKOMBA souligne que cette exclusion prive Kinshasa d’un levier essentiel pour un développement équilibré et durable, à l’image de la diversité de sa population. Elle a toutefois salué la nomination d’un homme à la tête du ministère du Genre, tout en insistant sur le fait que cette désignation doit s’accompagner d’un véritable engagement en faveur des droits des femmes.

Face à cette situation préoccupante, l’élue de Makala en appelle à l’implication personnelle du chef de l’État, Félix-Antoine TSHISEKEDI, qu’elle considère comme un champion de la masculinité positive. Elle exhorte le président à veiller au respect effectif de la parité, afin que les femmes retrouvent leur place légitime dans la gouvernance provinciale.
Cet appel met en lumière un enjeu majeur dans la lutte pour l’égalité des genres en RDC. Alors que le pays fait face à de nombreux défis socio-économiques, la participation des femmes aux instances de décision demeure cruciale pour un développement véritablement inclusif et durable.
Christian MUKAYA
