Dans le quartier Luano, à Lubumbashi,chef-lieu de la province du Haut-Katanga, un ancien site de Ruashi Mining est devenu un espace vital pour de nombreuses femmes.
Située près des cimetières et de l’arrêt dit « six maisons », cette carrière abandonnée sert désormais de source de survie économique, notamment pour les habitantes du quartier… mais pas seulement. Chaque jour, des dizaines de femmes gravissent la montagne de graviers pour y couper de grosses pierres en petits morceaux, destinés à la production de moellons ou de graviers qu’elles revendent lorsqu’une occasion se présente.
« Sur cette montagne, certaines femmes cherchent uniquement les grosses pierres, qu’elles regroupent en tas pour former des moellons, ensuite proposés aux acheteurs », explique FEZA Chantal, l’une des travailleuses de la carrière.

Elle insiste aussi sur l’organisation bien établie qui règne sur place : « La sécurité est assurée chaque jour. Il n’y a pas de désordre. Personne ne peut venir s’imposer ou travailler ici sans avoir été validé par le comité de gestion. Une place doit être réservée, c’est une règle. Cela évite les conflits entre travailleuses. »
Théthé ILUNGA : « Ce travail me fait vivre, moi et mes enfants »
Parmi ces femmes travailleuses, Théthé ILUNGA, veuve et mère de plusieurs enfants, partage son expérience avec émotion. Depuis plus de cinq ans, elle vend le sable extrait de cette carrière pour subvenir aux besoins de sa famille : « Grâce à cette activité, je paie les études de mes enfants, je les nourris chaque jour. Je n’ai pas d’autre métier. C’est dur, mais je m’y suis habituée. Je suis là chaque matin jusqu’au soir. C’est ce qui nous permet de survivre. »
Elle refuse de se plaindre, affirmant avec dignité qu’elle préfère travailler dur plutôt que d’envier qui que ce soit.

Un espace de souffrance, mais aussi de dignité
Le site de Ruashi Mining, s’il peut sembler rude ou précaire, est devenu un espace d’espoir pour ces femmes souvent sans autre alternative. Il incarne une forme de résilience silencieuse, dans un contexte où le secteur informel est parfois la seule planche de salut.
Un lieu où les pierres sont bien plus que des blocs à casser : elles deviennent la base d’un quotidien reconstruit, pierre après pierre.
Moïse KASHALA
Correspondant Lubumbashi
