La classe politique congolaise se divise à cause de la Polémique qui a sur la révision ou non de la constitution. Si le parti au pouvoir à savoir l’UDPS appuie cette démarche, l’opposition estime que c’est une manoeuvre organisée pour Félix-Antoine TSHISEKEDI de rester au pouvoir.
Interrogée par la rédaction de POURELLE.INFO, pour savoir si elle est pour ou contre la révision constitutionnelle, Babeth TSHIBOLA femme engagée en politique estime qu’il ne s’agit pas d’être pour ou contre la révision de la constitution, mais il va falloir accepter qu’à ce niveau seul un débat libre ouvert et démocratique permettra d’aboutir ou non à la révision constitutionnelle.
Pourelle.info: La Polémique sur la révision de la constitution continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive. Êtes-vous pour ou contre cette démarche?
Babeth TSHIBOLA : Merci pour la question. Mais à mon humble avis, nous devons dépassionner ce débat sur la révision de la constitution pour que l’intérêt de la nation puisse primer, c’est à dire que le débat doit être ouvert pour qu’à la fin que le Congo puisse gagner et non les individus. Nous ne devons pas personnalisé ce débat.

Pourelle.info : Pensez-vous que l’UDPS a raison?
Babeth TSHIBOLA : Ramener le débat sur la révision constitutionnelle à l’UDPS c’est absurde. Vous devez savoir que le débat autour de la révision constitutionnelle est une question d’intérêt national et non des partis politiques. Il vous souviendra que la constitution du 18 février 2006 a été touchée, la question elle ne se pose pas maintenant que l’UDPS a le règne du pouvoir, plutôt nous devons nous poser la question si fondamentalement cette constitution au jour d’aujourd’hui, surtout au regard des enjeux politiques, reflète réellement les aspirations du peuple congolais. N’y a-t-il pas dans cette constitution des dispositions qui devaient être changées? Pourquoi devrions nous avoir un Président de la République qui prête serment et par la suite attendre 5 ou 6 mois pour avoir un Gouvernement? Ça ce sont des questions fondamentales qui n’ont rien à avoir sur le fait que l’UDPS ait raison ou tort. Par conséquent, nous devons revenir au fait que le débat autour de cette question revêt d’un caractère fondamental et essentiel. Souvenez-vous qu’Etienne TSHISEKEDI, d’heureuse mémoire, de son vivant, invité sur France 24 avait déjà alerté que le jour où l’UDPS accédera au pouvoir, elle amènera le peuple à changer cette constitution, parce qu’il qualifiait cette constitution comme une constitution des belligérants. Est ce que l’UDPS revient elle sur le vœu du père fondateur ? Mais, je pense que prendre une question comme celle- ci pour pouvoir la ramener au niveau du parti, c’est réduire même la sensibilité de la question pourtant fondamentale.
Pourelle.info : Partagez-vous le même avis que l’opposition qui pense que le Président Tshisekedi veut rester au pouvoir?
Babeth TSHIBOLA : D’abord le Président TSHISEKEDI ne changera pas la constitution pour ses propres intérêts.
Ce que beaucoup ignore, c’est que la constitution elle même prévoit le mécanisme de sa révision, en son article 218 qui stipule je cite : “ l’initiative de la révision constitutionnelle appartient au Président de la République, au gouvernement, après délibération en conseil des ministres bien sûr, aux deux chambres du parlement et par initiative du souverain primaire à travers la récolte des signatures en terme des pétitions”, fin de citation.

Vouloir prêter au Président de la République l’intention pour dire que celui qui alimente le débat pour se pérenniser au pouvoir, serait un raccourci frauduleux.
Pourelle.info : En vous entendre parler, on comprend que vous êtes du côté du peuple. Alors comment pensez que la population va accueillir cela?
Babeth TSHIBOLA : En tout cas, cela dépendra de comment la population va comprendre le sens de cette révision ou non. Voilà pourquoi j’insiste sur le débat, qui doit être plus ouvert de sorte à permettre à la population de comprendre le bien fondé ou non de la révision constitutionnelle. Il faut bien que cette population soit en mesure de discerner les impératifs qui doivent amener à la révision de la constitution. Le référendum existe pour ça, et cela s’accompagne toujours d’une campagne de sensibilisation pour permettre au peuple d’une part, de comprendre et d’autre part de faire un choix judicieux qui tient compte de ses aspirations ou de ses attentes.
Pourelle.info : Votre dernier mot ?

Babeth TSHIBOLA : Mon dernier mot consiste à appeler les congolaises et congolais à l’unité. D’autant plus que cette question suscite des tensions au sein de la classe politique. Nous sommes tous copropriétaires du Congo et nous n’avons que la RDC comme patrie et que les politiques dépassionnent le débat, en mettant au centre de toute initiative l’intérêt suprême de la nation. Et que peu importe les couleurs politiques, la République Démocratique du Congo reste notre dénominateur commun. Déjà le pays est préoccupé par plusieurs d’autres questions, entre autres la guerre à l’Est et donc il nous sera nécessaire de mettre nos couleurs politiques de côté et de s’unir pour que l’intérêt du peuple puisse primer. J’en appelle à l’unité du peuple congolais et à l’unité de la classe politique. Je vous remercie!
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