La décentralisation vise à situer une partie du pouvoir d’action là où il est le plus efficace : près des citoyens. Ce principe, bon en soi, est inscrit dans diverses réglementations de la République démocratique du Congo. Cependant, l’expérience des citoyens ne semble pas toujours confirmer que la prestation de services peut être assurée concrètement par les entités décentralisées. Où se situent les problèmes – et que faut-il faire ? C’est dans ce cadre que l’Observatoire Congolais pour la Gouvernance Locale (OCGL) et la structure Friedrich-Ebert-Stiftung ont organisé une journée de réflexion le vendredi 12 septembre 2025 au Musée National du Congo à Kinshasa sous le thème : “Beaux textes, zéro application : Quel avenir pour la décentralisation en RDC ?”

Au côté des éminents intervenants de cette rencontre, il y avait Antoinette LOKOMBA MBOYO, conseillère communale de la circonscription de Makala, à Kinshasa. Celle-ci a partagé son expérience de terrain et a mis en lumière les défis auxquels la décentralisation est confrontée autour du sous thème : “cadre légal et effectivité de la décentralisation en RDC : entre textes et pratiques”.

Antoinette LOKOMBA a souligné l’existence de lois qui encadrent la décentralisation, notamment la loi organique 08/016, la constitution et la loi de 1998, qui définissent le fonctionnement des autorités locales. Ces textes sont censés permettre aux élus locaux d’exercer leurs pouvoirs et de répondre aux besoins des citoyens. Cependant, la mise en application de ces lois se heurte à plusieurs obstacles.
Pour Antoinette LOKOMBA, l’un des principaux problèmes identifiés est la nomination des bourgmestres par ordonnance présidentielle, ce qui crée une dynamique de pouvoir où ces derniers ne se sentent pas redevables envers les élus communaux. Cette situation engendre des conflits et entrave la mise en œuvre effective de la décentralisation. Les élus locaux se trouvent ainsi limités dans leur capacité à agir, ce qui nuit à la prestation des services aux citoyens.

Au cœur de ces difficultés, Antoinette LOKOMBA pointe un manque de volonté politique. Pour que la décentralisation fonctionne réellement, il est essentiel d’organiser des élections municipales et de garantir que les lois en matière de décentralisation soient appliquées. Cela nécessite non seulement un engagement des autorités centrales, mais aussi une prise de conscience collective des enjeux liés à la gouvernance locale.

Notons que la décentralisation en RDC possède un cadre légal solide, mais son effectivité reste entravée par des problématiques de gouvernance et un manque de volonté politique. L’intervention de Antoinette LOKOMBA lors de cette journée de réflexion souligne la nécessité d’un engagement renouvelé pour faire de la décentralisation un véritable levier de développement local.
Christian MUKAYA
