(Dr Augustin OMEKOKO)
À l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, célébrée du 1er au 7 août, une question se pose : que devient un nouveau-né lorsque sa mère, pour des raisons de santé, ne peut pas l’allaiter ?
Le docteur Augustin OMEKOKO, médecin pédiatre, y apporte des réponses dans une interview accordée à Pourelle.info.

POURELLE.INFO : quelles sont les principales situations médicales, qui peuvent empêcher une mère d’allaiter son enfant ?
Dr.Augustin OMEKOKO : Certaines situations médicales peuvent effectivement limiter ou contre-indiquer l’allaitement maternel afin de protéger l’enfant. Il s’agit notamment de certaines maladies maternelles comme une infection par le VIH non contrôlée, une tuberculose active non traitée, ou encore certaines chimiothérapies. La prise de certains médicaments incompatibles avec l’allaitement peut également être une raison. Nous pouvons aussi citer certaines pathologies mammaires, notamment les abcès ou des interventions chirurgicales lourdes au niveau des seins.
P.I : Lorsqu’un enfant grandit sans lait maternel, quels peuvent être les impacts sur sa santé ?
Dr. A.O : Le lait maternel reste supérieur par sa richesse nutritionnelle et immunitaire. Il contient des éléments qui participent à la protection de l’enfant contre certaines infections. Cependant, l’absence de lait maternel n’entraîne pas systématiquement des conséquences graves, à condition que l’enfant bénéficie d’une alimentation de substitution adaptée et d’un suivi médical régulier.

P.I : Quels sont les risques pour la croissance et le développement d’un enfant privé de lait maternel ?
Dr. A.O : Sur le plan physique, une alimentation inadaptée peut entraîner un retard pondéral, c’est-à-dire une prise de poids insuffisante par rapport aux normes attendues. Sur le plan immunitaire, l’enfant peut être plus vulnérable aux infections respiratoires et digestives. Concernant le développement cognitif, le lait maternel joue un rôle favorable dans le développement cérébral, mais une alimentation équilibrée et adaptée peut contribuer à compenser cette absence.
P.I : Quels signes doivent alerter les parents d’un enfant qui ne bénéficie pas du lait maternel ?
Dr. A.O : Les parents doivent être attentifs à certains signes comme un retard de croissance, notamment un poids inférieur aux courbes de croissance, des infections répétées comme les diarrhées ou les bronchiolites, une fatigue inhabituelle, une irritabilité ou des troubles du sommeil. Il est important de surveiller régulièrement la croissance et l’état général de l’enfant avec l’accompagnement d’un professionnel de santé.
P.I: Quelles alternatives existent pour les mères qui ne peuvent pas allaiter ?
Dr. A.O : Il existe des laits infantiles adaptés, conçus pour répondre aux besoins nutritionnels des nourrissons. Mais leur utilisation doit respecter certaines règles, notamment une bonne hygiène lors de la préparation. Le suivi pédiatrique est indispensable pour ajuster l’alimentation de l’enfant, prévenir les carences et détecter rapidement d’éventuelles complications. La vaccination et la prévention des infections restent également essentielles.
P.I: Quel message souhaitez-vous adresser aux mères, qui vivent cette situation et qui peuvent parfois ressentir de la culpabilité ?
Dr. A.O : Il faut rappeler aux mères qu’elles ne doivent pas culpabiliser lorsqu’une raison médicale les empêche d’allaiter.
L’objectif principal reste de préserver la santé et le développement de l’enfant. Même sans allaitement maternel, un enfant peut grandir sainement si les familles sont bien accompagnées, informées et bénéficient d’un suivi médical adapté.
Germaine BAKAMBANA
