Vingt-cinq ans après l’adoption de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, la République démocratique du Congo a réaffirmé, à travers une conférence internationale tenue à Kinshasa, sa volonté d’inscrire durablement l’inclusion féminine au cœur des politiques de paix et de sécurité.

C’est sous un ciel doux et lumineux, ce mercredi 29 octobre 2025, que la grande salle Taw Hall de la MONUSCO a vibré d’une énergie particulière. Les voix des femmes congolaises se sont élevées, déterminées et porteuses d’espoir, pour clore en beauté la Conférence internationale sur la Résolution 1325, une rencontre décisive, un quart de siècle après l’adoption de ce texte historique.

Durant deux jours, militantes de la société civile, représentantes d’institutions publiques, défenseures des droits humains et expertes venues de toutes les provinces ont fait un état des lieux sans détour : la RDC a certes réalisé des progrès, mais les défis demeurent immenses, surtout dans l’Est du pays où les femmes continuent de payer le lourd tribut des conflits armés.

Dans une atmosphère marquée par la solidarité et l’écoute, les participantes ont partagé leurs expériences et leurs vécus autour de tables rondes thématiques, avec un objectif clair : évaluer la mise en œuvre de la Résolution 1325 en RDC et définir de nouvelles pistes d’action pour renforcer la participation des femmes à la construction de la paix.
Quatre recommandations fortes pour un nouvel élan

À l’issue des discussions, quatre grandes recommandations se sont dégagées, fruits d’une réflexion collective nourrie par les réalités de terrain et la conviction que la paix durable passe par les femmes :
- Renforcer la participation et l’inclusion des femmes dans tous les processus de paix et de sécurité,
Les participantes ont plaidé pour l’institutionnalisation d’un quota obligatoire garantissant la présence féminine dans les négociations et au sein des instances décisionnelles; - Former et autonomiser les femmes pour une participation effective et durable,
Elles ont souligné la nécessité d’inclure systématiquement les femmes vivant avec un handicap et de financer des programmes de mentorat et de leadership féminin, afin de créer des espaces d’expression et d’action à tous les niveaux; - Assurer la sécurité et la protection des femmes, tout en luttant contre les violences basées sur le genre,
Les échanges ont mis en avant la promotion de la masculinité positive et la sensibilisation des communautés à la défense des droits des femmes; - Accroître la présence féminine au sein des forces de sécurité (FARDC, PNC et autres corps),
Les participantes ont recommandé de renforcer la formation, la promotion et les capacités professionnelles des femmes en uniforme.
Une clôture empreinte d’émotion et d’espoir
Lorsque le micro a été tendu à Mireille AFFAMINZIE, l’une des figures marquantes de cette rencontre, la salle s’est faite silencieuse. D’une voix calme mais assurée, elle a exprimé sa reconnaissance à toutes celles qui, depuis des années, militent pour une paix inclusive :

« Au nom de la MONUSCO et de l’ensemble du système des Nations Unies, je vous remercie pour votre participation et votre engagement. Ces échanges ne sont pas une fin, mais un nouveau départ », dit-elle.
Des applaudissements nourris ont salué ces mots, porteurs d’un profond sentiment d’unité et de détermination.
La clôture s’est poursuivie sur une note de gratitude, marquée par le message de félicitations de la Secrétaire générale du ministère du Genre, saluant le courage, la persévérance et l’unité des femmes congolaises dans leur lutte pour une société plus juste et équitable.
De Kinshasa à Goma, de Kisangani à Lubumbashi, cette conférence laissera une empreinte durable : celle d’un mouvement de femmes décidées à faire entendre leur voix, à influencer les décisions et à bâtir une paix qui ne se décrète pas, mais se construit avec elles et pour elles.
Aggée CHUGA
