L’organisation UWEMA ASBL, en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, a lancé ce jeudi 16 octobre 2025 à Kinshasa une table ronde de haut niveau visant à plaider pour l’instauration du Conseil national du Genre et de la Parité (CNGP). Pendant deux jours, cette initiative rassemble parlementaires, acteurs de la société civile et militantes féministes autour de la réflexion sur la mise en place de ce cadre institutionnel clé.

L’objectif de cette rencontre est de produire un cahier des charges consensuel, juridiquement solide, à transmettre à la ministre du Genre, puis à la Première ministre, afin de soutenir l’adoption d’un décret portant création du CNGP.

Une initiative conjointe pour renforcer la parité
Cette table ronde organisée par UWEMA ASBL, en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, vise à proposer un dispositif concret pour faire appliquer l’article 14 de la Constitution congolaise, qui consacre la parité entre hommes et femmes.
Cependant, malgré ce fondement juridique, les résultats des élections de 2023 démontrent une faible représentation des femmes dans les institutions politiques. Selon Chantal Faida, coordinatrice de UWEMA ASBL

« Sur 26 candidats à la présidentielle, seulement 2 étaient des femmes ; au parlement national, 13 % des élus sont des femmes, et à peine 10 % au niveau provincial».
Cette situation révèle l’absence d’un mécanisme efficace de suivi, de coordination et d’évaluation des politiques publiques en matière de genre.
Vers un Conseil National du Genre : un outil de suivi et de redevabilité
Le Conseil National du Genre et de la Parité (CNGP) proposé aurait pour mandat de collecter et analyser les données sur la représentativité des femmes dans toutes les sphères de décision (politique, économique, sociale, culturelle), évaluer l’impact des politiques genre, coordonner les actions des pouvoirs publics et des partenaires et d’assurer la redevabilité des institutions face aux engagements constitutionnels
Soutien de la Fondation Friedrich Ebert
Prenant la parole lors de l’ouverture des travaux, Constantin GRUND, représentant de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung en RDC, a souligné l’importance d’un tel espace de plaidoyer. Il a mis en avant le rôle central du leadership féminin, tout en saluant l’implication des hommes dans la promotion de l’égalité des genres.

« Le genre n’est pas une affaire de femmes seules. C’est un enjeu de société »,dit-il.
Des contributions de fond pour une stratégie efficace
Plusieurs voix se sont levées pour faire avancer le débat. Stéphanie MWAMBA , militante des droits humains, a dressé un bilan de la participation politique des femmes en RDC.
Nathalie YOKA MBOMBO, du mouvement Rien sans les femmes, a présenté un état des lieux des stratégies de plaidoyer existantes en faveur du CNGP.
Les participants ont convenu de la nécessité d’Identifier les obstacles socioculturels et juridiques freinant l’accès des femmes aux postes électifs:

Mener des campagnes de sensibilisation ciblées;
Promouvoir des réformes législatives pour garantir une application effective de la loi sur la parité;
Former les futures leaders congolaises.
Le futur CNGP devra également initier des programmes de mentorat et de renforcement des capacités, pour accompagner la montée en puissance d’une nouvelle génération de femmes leaders. Il s’agira de faire en sorte que la parité soit qualitative autant que quantitative, fondée sur la compétence, l’expérience et l’engagement.
Christian MUKAYA
