Dans son rapport de monitoring sur le niveau de responsabilisation des femmes au sein de partis politiques en RDC publié samedi 8 août, le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a fait état d’une faible représentation des femmes dans les instances de décision.

Dans les 30 partis politiques ayant répondu au monitoring, cette organisation a identifié 693 postes de responsabilité. Seulement 196 sont occupés par des femmes contre 497 hommes.
Pour le CAFCO, ces données sont préoccupantes.
Il indique, dans son rapport, que la direction des formations politiques reste largement dominée par les hommes. Sur les 30 partis étudiés, une seule femme occupe la tête d’un parti politique, contre 29 hommes. Le rapport révèle aussi que les femmes sont souvent cantonnées aux ligues ou structures féminines des partis. Pourtant, les décisions stratégiques se prennent dans les instances dirigeantes, où l’accès leur est limité.
S’intéressant à la représentation des femmes parmi les candidats présentés par les politiques aux élections, ce rapport dresse un bilan alarmant.
Il note que sur 8851 candidats recensés, seulement 1897 sont des femmes. Chiffres qui représentent 21,43% des femmes, contre 78,57% des hommes, soit 6954. Le CAFCO estime que cette faible représentation sur les listes électorales réduit les chances des femmes d’accéder aux mandats électifs.

« Il faut d’abord regarder en amont quelle est leur place dans les partis politiques, dans les structures de décision, avant de venir regarder en aval pourquoi elles ne sont pas nombreuses sur les listes électorales», a fait remarquer la Directrice exécutive du CAFCO, Grâce LULA HAMBA.
Par ailleurs, le CAFCO assure avoir proposé aux partis politiques un acte d’engagement pour le renforcement de la participation politique des femmes. Celui-ci prévoit la présentation de listes paritaires aux élections et la proposition d’un nombre équilibré de femmes et d’hommes lors de processus de nomination.
Cependant sur les 50 actes d’engagement retirés par les représentants des partis politiques, seuls 4 ont été signés. Le CAFCO appelle les formations politiques à traduire leurs engagements en actes concrets, soulignant que «cette démarche vise à attaquer le mal à la source ».
Aggée CHUGA
