À l’occasion du mois de mars, consacré à la promotion des droits de la femme, le média Pourelle.info a rencontré les veuves militaires de Goma, regroupées au sein de l’Association des Veuves, Orphelins et Militaires (AVOMID). Ces femmes, déplacées vers Béni à cause de l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, ont tenu à adresser un message empreint de respect et de gravité à la Première ministre.

Par la voix de leur présidente, Hortense NDEZE, elles ont salué la nomination historique depuis près d’un an d’une femme à la tête du gouvernement.

Elles ont également exprimé leur reconnaissance pour l’attention que la cheffe du gouvernement leur a accordée lors de son récent passage à Goma, y voyant un signe fort de considération envers les femmes, souvent premières victimes des crises. Pour elles, ce leadership féminin incarne un nouvel élan pour la nation et nourrit l’espoir d’un retour à la stabilité.
Mais derrière ces paroles d’encouragement, la réalité demeure sombre. Marie MULENDA NIMBI, vice-présidente de l’association, a dressé un tableau alarmant : violences persistantes, déplacements forcés et insécurité généralisée.

« Nous vous demandons de ne pas nous oublier. Nos familles souffrent et nous continuons à vivre dans la peur », a-t-elle confié.
À ces défis sécuritaires s’ajoutent des difficultés sociales et économiques. Selon Émilie BOKOMO, conseillère de l’AVOMID, plusieurs veuves ne perçoivent plus les allocations qui leur étaient destinées après la perte de leurs époux militaires. Une situation qui fragilise davantage des familles déjà éprouvées, privées de leur unique source de subsistance.
Fort d’un comité directeur d’une quinzaine de membres, l’AVOMID lance ainsi un appel pressant pour des actions concrètes en faveur des veuves et orphelins de militaires.
Entre l’espoir suscité par une gouvernance féminine et la dureté du quotidien, ces femmes rappellent que leur combat dépasse leur propre condition : il s’agit de préserver la dignité et l’avenir d’une génération entière.
Germaine BAKAMBANA
