10 ans de prison, dont trois avec sursis. Telle est la peine écopée par l’influenceuse Rokia DOUMBIA,militante contre la vie chère connue sous le nom de «Tata Rose Poivron ». Elle a été reconnue coupable « d’association de malfaiteurs », « d’offense au Chef de l’Etat » et « d’atteinte au crédit de l’Etat » au Mali.

Le verdict de la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako a été rendu lundi 17 août. La militante doit s’acquitter d’une amende d’un million de francs CFA, soit 1500 euros. Commerçante à la quarantaine révolue et mère de quatre enfants, Rokia DOUMBIA a pourtant clamé son innocence lors de sa comparution.
Pour son avocat, Me Kassoum TAPO, elle a été condamnée pour avoir vivement dénoncé « l’échec de la junte militaire face à l’insécurité et à l’inflation ». Il entend contester cette décision.
Très suivie sur les réseaux sociaux, cette influenceuse est en détention depuis 2023. Ses ennuis judiciaires ont débuté après ses interventions lors d’une émission du chroniqueur Ras BATH. Rokia DOUMBIA y avait dénoncé la cherté de vie au Mali.
D’après les éléments de l’accusation, cette militante et le chroniqueur auraient conjugué leurs efforts pour jeter le discrédit sur les autorités de la transition malienne, à travers des propos tenus lors d’émissions radiophoniques, de rencontres publiques et sur les réseaux sociaux.Les intéressés ont toutefois nié ces accusations.
Au Mali, la condamnation de l’influenceuse Rokia DOUMBIA ravive les inquiétudes sur la liberté d’expression.
Pour Souleymane CAMARA, président du Réseau des défenseurs des droits humains du Mali, l’influenceuse et son coaccusé souffrent le martyre.
« De telles choses ne se seraient pas passées si nous étions en démocratie, car ils ne faisaient que leur travail », a-t-il dénoncé dans les propos relayés par l’AFP.

Dirigé par le général Assimi GOÏTA, le Mali a connu deux putschs en l’espace de neuf mois entre 2020 et 2021. Depuis, la junte est régulièrement accusée de réprimer les voix discordantes. Selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), le Mali occupe la 121e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse.
Ezéchiel NGAMANIA
