En marge de la Journée internationale des droits des femmes, l’agence Y’a Biso UHC, dirigée par Élysée ODIA, en collaboration avec Culture pour la Paix et la Justice (CPJ), a organisé le mardi 10 mars 2026 un atelier d’échanges avec les femmes des médias de Kinshasa autour de la question de l’abolition de la peine de mort en République démocratique du Congo. La rencontre s’est tenue dans l’auditorium du campus de Silikin Village, à Kinshasa.

Cet atelier visait à sensibiliser les femmes journalistes à leur rôle dans la promotion des droits humains et dans le plaidoyer pour l’abolition de la peine capitale. L’intervenant principal, Liévin NGONDJI ONGONDJI, avocat engagé dans la lutte contre la peine de mort et membre de la CPJ, a invité les participantes à s’approprier cette cause.

Selon lui, la femme, en tant que donneuse de vie, a une responsabilité particulière dans la défense de la dignité humaine :

« La femme donne la vie et nous l’avons invitée à considérer qu’il existe des droits qu’elle doit défendre, notamment celui de protéger la vie. La peine de mort met fin à des vies. L’abolir est une cause noble qui doit être portée par celles et ceux qui ont longtemps vu leurs droits bafoués», a-t-il déclaré.
L’avocat a également rappelé les nombreuses luttes menées par les femmes à travers le monde pour l’égalité des droits. Pour lui, les journalistes, et particulièrement les femmes journalistes, ont un rôle essentiel à jouer dans la sensibilisation de l’opinion publique sur la protection de la vie humaine.

Il a insisté sur les risques d’erreurs judiciaires, même dans des systèmes réputés solides :
« Même dans des pays comme la Belgique ou ailleurs, il existe des erreurs judiciaires. On connaît des cas de personnes libérées après plus de quarante ans de prison pour des condamnations injustes. Imaginez si ces personnes avaient été exécutées : l’erreur aurait été irréparable », a-t-il expliqué.
Pour Liévin NGONDJI ONGONDJI, la lutte contre la peine de mort ne signifie pas encourager l’impunité. Il s’agit plutôt de promouvoir des sanctions alternatives, parfois très lourdes, mais qui permettent de préserver la vie et d’éviter l’irréversibilité d’une exécution.

De son côté, la directrice générale de Y’a Biso UHC, Élysée ODIA, a expliqué que le choix de ce thème répond à la volonté de proposer un débat qui sort de l’ordinaire dans le contexte congolais :

« Nous avons voulu aborder une thématique qui rappelle que la femme est porteuse de vie. À ce titre, elle a aussi la responsabilité de préserver et de défendre la sacralité de la vie. C’est pourquoi nous avons réuni les femmes des médias afin qu’elles s’approprient cette cause et contribuent, à travers leur travail d’information, à la promouvoir », a-t-elle indiqué.
Elle a également souligné que ce combat s’inscrit dans la thématique de cette année axée sur les droits et la justice. Selon elle, parler de la peine de mort revient à évoquer des principes fondamentaux tels que le droit à la vie et le droit à l’information. Les femmes journalistes sont donc appelées à s’informer davantage sur ces questions afin de mieux sensibiliser la population.
La rencontre s’est clôturée par un échange interactif entre les intervenants et les participantes. À l’issue de la séance de questions-réponses, chaque journaliste est repartie avec un exemplaire de l’ouvrage intitulé « Vers l’abolition de la peine de mort en RDC », offert par son auteur, Liévin NGONDJI, comme contribution à la poursuite du plaidoyer en faveur de la protection du droit à la vie.
Germaine BAKAMBANA
