L’euphorie suscitée par la qualification des Léopards messieurs à la Coupe du Monde 2026 continue de faire vibrer la République démocratique du Congo. Dans ce climat d’enthousiasme national, une voix longtemps restée en marge refait surface : celle des anciennes gloires du football féminin congolais.
Le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a récemment reçu une délégation d’anciennes joueuses des Léopards dames. Conduite par Arlette Butela, cette délégation est venue porter un message clair : la reconnaissance et la valorisation du football féminin en RDC.

Ces anciennes internationales ne sont pas des inconnues dans l’histoire du sport congolais. Elles ont marqué leur époque en représentant le pays sur la scène internationale, notamment lors des campagnes qualificatives aux compétitions mondiales de 2006 et 2008. À cette période, malgré des moyens limités, des conditions de préparation précaires et un manque criant de soutien institutionnel, elles ont su défendre avec fierté les couleurs nationales.

Leur parcours reste emblématique d’une génération de pionnières qui ont ouvert la voie au football féminin en RDC. À une époque où cette discipline était peu médiatisée et souvent négligée, ces joueuses ont fait preuve de résilience et d’engagement, contribuant à poser les bases d’un mouvement qui peine encore aujourd’hui à obtenir la reconnaissance qu’il mérite.
Face au ministre, les anciennes Léopards dames ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’oubli progressif de leur contribution à l’histoire du football congolais. Elles ont plaidé pour un accompagnement plus structuré du football féminin, insistant sur la nécessité d’un soutien institutionnel durable, d’investissements dans la formation et d’une meilleure visibilité des compétitions féminines.

Elles ont également appelé à une prise en compte plus équitable dans les politiques sportives nationales, estimant que la dynamique actuelle autour des Léopards messieurs devrait profiter à l’ensemble du football congolais, sans distinction de genre.
À l’issue de la rencontre, la délégation s’est dite satisfaite de l’écoute attentive du ministre Didier Budimbu. Un échange jugé constructif, qui pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour le football féminin en RDC.
Dans un contexte où le pays célèbre les exploits de ses équipes masculines, ces anciennes joueuses espèrent que leur combat pour la reconnaissance trouvera enfin un écho favorable. Car, au-delà des victoires présentes, c’est aussi la mémoire et l’héritage du sport congolais qui se jouent.
Aggée CHUGA
