Une tentative de braquage contre une agence de la Rawbank, située à la place Victoire à Kinshasa, a été déjouée ce vendredi 17 octobre 2025 grâce à l’intervention conjointe des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC). Si l’efficacité des forces de sécurité a été saluée, la diffusion sur les réseaux sociaux d’images montrant une femme suspecte, partiellement dénudée et exposée publiquement, a provoqué une vive indignation au sein de la population et des organisations de défense des droits humains.
La femme en question, identifiée comme Honorine PORSHE, est l’une des présumés braqueurs arrêtés sur place. Les vidéos la montrant torse nu, assise à même le sol et entourée de badauds et d’agents, ont choqué l’opinion publique.

Me Gisèle KAPINGA NTUMBA, avocate et commissaire nationale à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), en charge des droits de la femme et de l’enfant, a fermement dénoncé ce qu’elle qualifie de traitement dégradant :

« Je félicite les FARDC et la PNC pour leur bravoure lors du braquage ce matin d’une banque à Matonge. Je suis néanmoins très indignée par le traitement infligé à Madame Honorine, dont la nudité a été exposée en public. Un tel acte ne doit pas rester impuni », a-t-elle déclaré.
Elle appelle à des sanctions exemplaires à l’encontre des auteurs de cette humiliation publique, qu’elle juge contraire aux principes fondamentaux des droits humains.
Cet incident remet sur la table la question du respect des droits des personnes interpellées, notamment en ce qui concerne la dignité humaine et la présomption d’innocence. La Constitution congolaise, tout comme plusieurs conventions internationales ratifiées par la RDC, garantissent la protection de toute personne, y compris celles soupçonnées d’infractions.
L’affaire souligne également un déficit de formation en droits humains au sein de certaines unités des forces de l’ordre, souvent accusées d’abus lors d’arrestations ou d’opérations sécuritaires.
De plus en plus de voix s’élèvent pour exiger non seulement des sanctions disciplinaires, mais aussi la mise en place de mécanismes de contrôle renforcés sur le terrain. Car si la sécurité demeure un impératif, elle ne doit jamais se faire au détriment de la dignité humaine.
Christian MUKAYA
