La tension ne faiblit pas en France, où des lycéens et des étudiants multiplient les manifestations pour dénoncer la crise du système scolaire. Mardi 6 octobre, ils ont organisé une journée nationale de manifestations, soutenue par des enseignants, des associations de parents d’élèves et des syndicats de l’éducation.

Dans les rues de Paris, les manifestants ont dénoncé notamment la surpopulation des salles de classe, la pénurie d’enseignants, ainsi que la vétusté des bâtiments scolaires qu’ils attribuent à plusieurs années de sous-investissement. Bien plus, ils réclament d’être entendus face aux difficultés qui, selon eux, affectent le fonctionnement du système éducatif.

D’après le ministère français de l’Intérieur, 266 000 personnes ont défilé à travers le pays, dont 56 000 à Paris. Ces chiffres contrastent avec ce qu’ont avancé les organisations lycéennes et étudiantes. Elles ont fait état de 450 000 manifestants dans l’ensemble de la France, dont 100 000 dans la capitale.
Ces manifestations se sont déroulées dans un climat globalement pacifique, malgré plusieurs incidents en marge de cortèges. À Lyon, un incendie a été déclenché, tandis que les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes dans plusieurs villes, notamment à Paris et à Marseille.
A Rennes, des canons à eau ont également été utilisés. Plusieurs médias internationaux ont rapporté des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants, accompagnés de jets de projectiles et de feux de poubelles.
A l’issue de cette journée de manifestations, le ministère de l’Intérieur a communiqué un bilan de 43 membres des forces de l’ordre blessés et de 488 personnes interpellées.
Depuis le 28 septembre, 6 547 personnes ont été interpellées dans le cadre de ces mouvements de protestation.

Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien LECORNU a condamné les violences survenues en marge des rassemblements et rejeté les accusations de « répression policière ». Evoquant une situation particulièrement préoccupante, il a fait état d’au moins 215 adolescents, 85 membres du personnel éducatif et 700 policiers blessés lors des récents affrontements.

« Brûler un lycée n’améliore pas la situation du bâti des lycées », a déclaré le Premier ministre, avant d’ajouter que « lyncher un professeur n’améliore pas le taux de remplacement des professeurs ».
Il a également accusé la France insoumise de poursuivre, selon lui, un « projet politique de bordélisation du pays » à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Aggée CHUGA
