Disparités entre sexes dans la Science : l’ONU-FEMMES et l’UNESCO appellent à redoubler d’efforts pour les combler.

A l’occasion de la journée internationale des femmes et des filles des sciences célébrée ce 11 Février, la Directrice exécutive d’Onu Femmes et la Directrice générale de l’UNESCO ont adressée un message conjoint.

Pour Phumzile Mlambo-Ngcuka et Audrey Azoulay, la crise de la COVID-19 a démontré, une fois de plus, le rôle critique des femmes et des filles dans la science. Les femmes chercheurs ont mené de nombreuses percées cruciales dans la lutte contre la pandémie, de la compréhension du virus et du contrôle de sa propagation, au développement de tests de diagnostic et de vaccins.

Ces deux personnalités estiment qu’en même temps, il est de plus en plus évident que la pandémie a frappé les femmes et les femmes scientifiques plus durement que les hommes, par exemple en raison de la répartition déséquilibrée des soins non rémunérés et des tâches domestiques. 

Trop souvent, les femmes prennent en charge l’enseignement à domicile, les soins aux personnes âgées et d’autres travaux créés par les ordonnances pour rester à la maison, au détriment de leur propre emploi.

Les stéréotypes de genre et les inégalités fondées sur le sexe continuent d’empêcher de nombreuses filles et femmes de s’engager et de poursuivre une carrière scientifique dans le monde.

«Le prochain rapport de l’UNESCO sur la science montre que seulement 33% des chercheurs sont des femmes, bien qu’elles représentent respectivement 45 et 55% des étudiants de niveau licence et master, et 44% de ceux inscrits dans des programmes de doctorat» ont-elles dévoilées. 

« Nous devons redoubler d’efforts pour combler ces disparités entre les sexes dans la science et lutter contre les normes et les stéréotypes qui créent et préservent les attentes de cheminements de carrière limités pour les filles. La tâche est d’autant plus urgente que les femmes sont sous-représentées dans les domaines critiques pour l’avenir du travail, tels que les énergies renouvelables et les domaines numériques, avec seulement 3% des étudiantes de l’enseignement supérieur optant pour les technologies de l’information et de la communication.

Nous avons besoin de la science et la science a besoin des femmes. Il ne s’agit pas seulement de s’engager en faveur de l’égalité des droits; il s’agit également de rendre la science plus ouverte, plus diversifiée et plus efficace », souligne les Directrices exécutives d’ONU femmes et de l’UNESCO.

Elles ont ajouté que pour être véritablement transformatrices, les politiques et programmes d’égalité des sexes doivent éliminer les stéréotypes sexistes par l’éducation, changer les normes sociales, promouvoir des modèles positifs de femmes scientifiques et sensibiliser les plus hauts niveaux de prise de décision. 

Nous devons nous assurer que les femmes et les filles ne participent pas seulement aux domaines des STIM, mais soient habilitées à diriger et à innover, et qu’elles sont soutenues par des politiques sur le lieu de travail et des cultures organisationnelles qui garantissent leur sécurité, prennent en compte leurs besoins en tant que parents et les incitent à progresser et s’épanouir dans ces carrières. Des enquêtes récentes menées dans 17 pays soulignent que les jeunes femmes souhaitent de toute urgence plus d’action gouvernementale, 75% des femmes interrogées âgées de 18 à 24 ans s’attendent à ce que leur gouvernement augmente le financement de l’égalité des sexes.

« L’UNESCO et l’ONU Femmes, avec tous nos partenaires, s’engagent à donner la priorité à l’égalité des sexes dans tous les aspects de notre travail: de la promotion de l’éducation de base aux STEM à la reconnaissance et au soutien du travail des femmes scientifiques du monde entier à travers des initiatives telles que le Programme de l’UNESCO « Pour les femmes et la science » et l’Organisation pour les femmes et la science dans le monde en développement, et en engageant les entreprises du secteur des STEM à prendre des engagements audacieux en matière d’égalité des sexes à travers les Principes d’autonomisation des femmes. L’UNESCO, conformément à ses deux priorités mondiales, l’Afrique et l’égalité des sexes, est particulièrement active sur le continent africain, accompagnant les filles avec des programmes de mentorat en ligne au Kenya, par exemple, et fournissant aux laboratoires scolaires des kits de microsciences en République Démocratique du Congo », ont-elles précisé. 

Selon Phumzile Mlambo et Audrey Azoulay, les femmes scientifiques sont une source d’inspiration pour les jeunes filles du monde entier désireuses de se lancer dans les domaines scientifiques. Aujourd’hui, alors que nous célébrons la Journée internationale des femmes et des filles et des sciences, il est de notre devoir de leur ouvrir la voie, de construire un avenir plus juste et plus égalitaire. Pour reprendre les mots de Jennifer Doudna, lauréate du prix Nobel de chimie 2020, «j’aime le processus de découverte». Pour toutes les filles qui envisagent une carrière scientifique, cela devrait être aussi simple que cela.

Maguy Mbuku Muzembe

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