Les meurtres de neuf femmes continuent de secouer la région de Johannesburg en Afrique du Sud, où des centaines de personnes ont organisé des rassemblements samedi 19 septembre en mémoire des victimes.

Les manifestants, en majorité des femmes, se sont recueillis devant une plate-bande herbeuse à l’endroit de la découverte du corps sans vie d’Elizabeth MOSELAKGOMO, 38 ans, le 12 septembre dernier. Mère d’une fille de 8 ans, elle figure parmi les neuf victimes de ces meurtres qui ont suscité l’indignation.
La veille de ces rassemblements, plus d’un millier d’étudiants ont participé à une veillée sur le campus de l’université du Cap.
« Je veux vivre, pas survivre », a écrit une étudiante sur une pancarte.
Pour Kitso MAJAPELO, président d’une association d’étudiants, cette situation inquiète.
« Il y a toujours cette pensée que ce pourrait être ma mère, ma sœur, une cousine, une camarade de classe et le pays continue de garder le silence », a-t-il déploré, dans des propos relayés par l’AFP.
Elizabeth MOSELAKGOMO avait disparu le 9 septembre, alors qu’elle était en train de faire du footing. Elle a été inhumée dans la petite commune de Phake, dans la province du Mpumalanga, située dans le nord-est de l’Afrique du Sud, dimanche 20 septembre.
Jabulile NTIMBA est la neuvième victime, dont le corps a été retrouvé à Villa Liza à Boksburg le 17 septembre. Selon le lieutenant-général Tebello MOSIKILI, commissaire adjoint de la police nationale sud-africaine chargée des opérations de maintien de l’ordre, son meurtre serait lié à un triangle amoureux.
Ces derniers jours, neuf corps, dont trois dénudés, ont été retrouvés dans la zone de Kempton Park, située dans la municipalité d’Ekurhuleni. Des citoyens y ont organisé des rassemblements de toutes tailles en mémoire des victimes avec le mot d’ordre : « ça suffit ! ».

La police n’a pas encore établi si ces meurtres ont été commis par un tueur isolé ou par plusieurs individus. Selon l’enquête, certaines des victimes n’avaient pas été tuées sur le lieu de la découverte de leur corps. Trois suspects vont comparaître devant le tribunal de Boksburg pour leur implication présumée dans le meurtre.
Ces féminicides en série relancent les préoccupations sur les violences faites aux femmes en Afrique du Sud, où les homicides sont fréquents. Selon l’association Women for Change, citée par RFI, 15 femmes sont tuées chaque jour en Afrique du Sud.
TM
