L’agression dont a été victime la journaliste reporter indépendante Guilaine KAHUMULA dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, suscite une vive indignation au sein de la corporation médiatique et des organisations de défense de la liberté de la presse.

Cet incident, survenu dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 juin 2026, met une nouvelle fois en lumière les risques auxquels sont confrontés les journalistes dans les zones marquées par l’insécurité en République démocratique du Congo.
Selon les informations rapportées, Guilaine KAHUMULA regagnait son domicile situé dans le quartier Matonge lorsqu’elle a été interceptée par des hommes armés non identifiés circulant à moto. Les assaillants l’auraient violemment plaquée contre un mur avant de lui arracher son sac à main et de prendre la fuite.

Le sac contenait plusieurs effets personnels et professionnels, notamment ses cartes de presse, sa carte d’électeur ainsi qu’une somme d’argent évaluée à 150 000 francs congolais et 80 dollars américains. Bien que la journaliste ait échappé au pire, cette agression a provoqué une onde de choc au sein de la communauté médiatique locale.
Réagissant à cet acte, l’Association congolaise des femmes de presse écrite (ACOFEPE) a fermement condamné cette attaque et appelé les autorités compétentes à diligenter une enquête afin d’identifier les auteurs et de les traduire en justice.
Dans un communiqué, l’organisation a qualifié cette agression de « grave atteinte à la sécurité des professionnels des médias », soulignant la situation particulièrement préoccupante des femmes journalistes qui exercent leur métier dans un contexte déjà marqué par de nombreux défis sécuritaires.

Cet incident rappelle la double vulnérabilité à laquelle sont confrontées les femmes journalistes, souvent exposées à la fois aux risques liés à leur profession et aux violences fondées sur le genre. L’association a ainsi plaidé pour un renforcement des mécanismes de protection en faveur des professionnelles des médias, particulièrement dans les provinces touchées par les conflits armés et l’insécurité.
Cette agression intervient dans un contexte où plusieurs organisations nationales et internationales tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur les conditions d’exercice du métier de journaliste en RDC.
Dans l’Est du pays, les reporters sont fréquemment confrontés aux menaces, aux intimidations, aux arrestations arbitraires et aux violences physiques, dans un environnement sécuritaire particulièrement instable.
Au-delà du cas de Guilaine KAHUMULA, cette attaque relance le débat sur la nécessité de garantir un environnement sûr pour les journalistes, acteurs essentiels de la démocratie et du droit à l’information.
De nombreuses voix s’élèvent désormais pour demander aux autorités congolaises de renforcer les dispositifs de protection des professionnels des médias afin qu’ils puissent exercer leur mission sans crainte ni entrave.
Aggée CHUGA
