Les tensions xénophobes qui secouent l’Afrique du Sud commencent à produire des conséquences au-delà de ses frontières. La ministre sud-africaine de la Justice et du Développement constitutionnel, Mmamoloko Kubayi, a exprimé ses préoccupations face aux répercussions déjà observées dans les secteurs culturel, économique et diplomatique à travers le continent.

Des signaux préoccupants pour les échanges culturels
S’exprimant sur la situation, Mmamoloko Kubayi a révélé qu’une artiste sud-africaine lui avait récemment signalé l’annulation de l’ensemble des spectacles qu’elle devait présenter dans plusieurs pays africains.

Pour la ministre, cet exemple illustre les premières manifestations d’un climat de méfiance qui pourrait fragiliser davantage les relations entre l’Afrique du Sud et ses partenaires africains.
Des entreprises également touchées
Au-delà du secteur culturel, certaines entreprises sud-africaines opérant dans différents pays du continent commencent également à ressentir les effets de cette situation.
Selon les autorités, plusieurs acteurs économiques font face à des difficultés croissantes, alimentées par la dégradation de l’image du pays dans certaines opinions publiques africaines.
Cette situation suscite des inquiétudes quant à son impact sur les échanges commerciaux et les investissements régionaux.
Le gouvernement renforce son dispositif diplomatique
Face à ces défis, le gouvernement sud-africain a annoncé le renforcement de son accompagnement diplomatique et consulaire.Cette mesure vise à apporter un soutien accru aux entreprises ainsi qu’aux ressortissants sud-africains qui pourraient être affectés par les retombées de la crise actuelle.
Pour Pretoria, il devient essentiel de préserver les liens historiques et les relations de coopération entretenus avec les autres pays africains.
Une recrudescence des tensions contre les étrangers

Ces développements interviennent alors que l’Afrique du Sud fait face à une recrudescence des actes et discours hostiles visant des ressortissants étrangers, particulièrement ceux originaires d’autres pays africains.
Les organisations de défense des droits humains continuent d’alerter sur les conséquences de ces tensions, qui menacent la cohésion sociale et alimentent les divisions au sein des communautés.
Un phénomène ancien aux racines socio-économiques
Les épisodes de xénophobie en Afrique du Sud ne sont pas nouveaux. Ils trouvent notamment leur origine dans des frustrations sociales et économiques liées au chômage, à la pauvreté et à la concurrence perçue pour l’accès à l’emploi et aux services publics.

Depuis plusieurs années, certains groupes accusent les migrants africains de contribuer à l’insécurité et aux difficultés économiques du pays. Des accusations régulièrement contestées par les organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des stigmatisations injustifiées.
Des vagues de violences similaires avaient déjà été enregistrées en 2008, 2015 et 2019. Elles avaient causé plusieurs morts, provoqué des déplacements de populations et entraîné des tensions diplomatiques entre l’Afrique du Sud et plusieurs États africains.
Aggée CHUGA
