En répondant à l’appel à manifester de la coalition d’opposition C64 mardi 15 septembre, de nombreuses femmes se sont mises en ordre de bataille contre tout changement de la Constitution en RDC.

Le soleil tape fort à Kinshasa. Des dizaines de sympathisants de l’opposition sont réunis au rond-point Moulaert, parmi lesquels figurent plusieurs femmes. La foule converge vers le siège du parti Ecidé, en scandant des chants hostiles au président Félix TSHISEKEDI, lui rappelant de ne pas rêver d’un troisième mandat.

Arborant un drapeau d’Ensemble pour la République, parti de l’opposant de Moïse KATUMBI, Marlyne MULANGA donne de la voix : « Nous disons non à la balkanisation et au changement de la Constitution ».
Coordonnatrice de la ligue des femmes d’Ensemble pour la République dans le district de Lukunga, elle s’interroge sur les réelles motivations du Chef de l’Etat.

« Changer la Constitution n’est pas un problème, mais pourquoi attendre seulement la fin du mandat pour vouloir la changer ? Quelle est l’intention derrière une telle démarche ? Le moment n’est pas propice. Le pays est encore en guerre et deux provinces sont occupées par les rebelles de l’AFC-M23. Comment peut-on vouloir changer la Constitution dans un tel contexte ? », s’interroge Marlyne MULANGA.
Cette marche prévoyait deux itinéraires : le rond-point Moulaert et la place Echangeur. Le premier devait réunir les manifestants venus de Lukunga, alors que le second regroupait ceux de la Tshangu, conduits par Martin FAYULU, Delly SESSANGA et Jean-Marc KABUND.
Victoire MALALA, militante de l’Ecidé, tacle l’administration de Félix TSHISEKEDI.

« La Constitution est pour tout le peuple. Comment peut-il (Félix TSHISEKEDI) vouloir changer la loi fondamentale de son propre gré ? A l’Ecidé, nous sommes opposés au changement de la Constitution », déclare cette militante à la cinquantaine révolue avec le drapeau de l’Ecidé en mains, croisée à la place Echangeur.
Si le cortège parti du rond-point Moulaert s’est déplacé sans incident majeur, les manifestants venus de Tshangu ont quant à eux été dispersés par la police sur le boulevard Lumumba, au niveau de la 10e rue Limete. La tension est montée d’un cran après des accrochages entre les militants de l’opposition et des jeunes présentés comme membres de la Force du progrès, structure proche de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

« Cette autorisation est un piège. Comment peut-on nous autoriser à marcher et laisser la Force du progrès nous menacer. Pire encore, la Force du progrès a été accompagnée par les éléments de la police comme souvent. Le Congo appartient à tous. Kabila est parti. Tshisekedi partira aussi », s’indigne Blandia KULABA, rapporteure adjointe de la Coordination nationale d’Ensemble pour la République.
Selon elle, les manifestants partis de la place Echangeur ont été bloqués à la 10e rue, là où se trouvaient les opposants Martin FAYULU, Delly SESSANGA et Jean-Marc KABUND.

« Je viens de voir la jeep du président Martin Fayulu en lambeaux. J’ai vu deux blessés graves », fustige Blandia KULABA. Elle affirme tout de même que ces répressions n’altèrent en rien leur détermination à défendre la Constitution et à barrer la route à un éventuel troisième mandat du président TSHISEKEDI.
A l’issue de cette marche, la coalition C64 entendait déposer un mémorandum au Palais du peuple pour dénoncer la loi controversée sur le référendum. Seulement voilà, l’objectif n’aura pas été atteint. La sécurité a été renforcée autour du siège du parlement, où les éléments de la police et de l’armée ont été déployés à l’occasion de la rentrée parlementaire.
TM
