A la veille de la rentrée parlementaire prévue ce mardi 15 septembre, la députée nationale Christelle VUANGA a annoncé une proposition de loi visant à renforcer la protection des victimes de la diffusion de contenus intimes sans leur consentement en RDC.

Ce texte entend modifier et compléter le Code pénal congolais et le Code du numérique. Il propose notamment des peines allant de 5 à 10 ans d’emprisonnement, assorties d’amendes, avec des sanctions plus lourdes lorsque les faits sont accompagnés de chantage, d’humiliation ou de harcèlement, lorsqu’ils concernent un mineur ou lorsqu’ils sont commis à grande échelle.

« Une vidéo intime envoyée en privé ne devient pas un bien public. Le consentement à être filmé n’est pas un consentement à être exposé », a déclaré la députée Christelle VUANGA.
Pour elle, une vidéo publiée en quelques secondes sur les réseaux sociaux peut « détruire une réputation, une famille, une carrière et porter profondément atteinte à la dignité d’une personne ».

L’élue de la Funa mentionne que plusieurs pays ont déjà adapté leur législation face à ce phénomène. Elle estime que la RDC doit adapter son arsenal juridique aux réalités du numérique. Elle souhaite que la loi protège clairement l’intimité, la dignité et la vie privée, tout en responsabilisant ceux qui produisent, publient, partagent ou rédiffusent ces contenus sans consentement.
Cette initiative intervient alors que plusieurs cas de diffusions non consenties de contenus intimes ont été signalés en RDC.

En 2024, une jeune femme avait notamment vu ses photos intimes diffusées sur les réseaux sociaux après un différend avec un homme. La même année, une vidéo intime avait été attribuée à tort à la chanteuse gospel Trina Fukiau, avant que la personne apparaissant dans la vidéo ne témoigne de la diffusion présumée de ses images par son ancien compagnon. Le cas de l’artiste But na Filet en est une illustration récente.
« Notre intimité n’est pas un contenu à partager. Notre dignité n’est pas négociable », a conclu la députée Nationale Christelle VUANGA.
Nadège KABEDI
