Après un atelier de renforcement des capacités des professionnels des médias à Kinshasa, le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO), avec l’appui du Global Network of Women Peacebuilders (GNWP), a donné le coup d’envoi de la deuxième édition du Concours Médias, Femmes, Paix et Sécurité. Il est question de promouvoir un journalisme engagé en faveur de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité.

En République démocratique du Congo, où les conflits armés continuent d’affecter particulièrement les femmes et les filles, les médias sont appelés à jouer un rôle plus stratégique dans la construction de la paix. C’est dans cette perspective que le CAFCO, a organisé un atelier de renforcement des capacités des professionnels des médias avant de procéder au lancement officiel de la deuxième édition du Concours Médias, Femmes, Paix et Sécurité, ce 17 juillet 2026 à Kinshasa.

Les médias, acteurs de la consolidation de la paix
La cérémonie s’est ouverte par le mot de bienvenue de la présidente du CAFCO, Grâce LULA, suivi de l’intervention du représentant du secrétaire général du ministère de la Communication et des Médias. Celui-ci a rappelé la responsabilité des journalistes dans la promotion d’une information contribuant à la paix, à la cohésion sociale et à l’inclusion.

La Résolution 1325 au cœur des échanges
Premier temps fort de cette journée, Annie Matundu, plus connue sous le nom de « Maman 1325 », a entretenu les participants sur le thème : «Renforcer la voix des femmes dans le processus de paix ».

Revenant sur la naissance de la Résolution 1325, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 31 octobre 2000, elle a rappelé que ce texte est né de la mobilisation internationale des organisations féminines réclamant la reconnaissance du rôle des femmes dans la prévention des conflits, les négociations de paix et la reconstruction post-conflit.
Pour la première fois, la communauté internationale reconnaissait qu’une paix durable ne pouvait être construite sans une participation pleine et entière des femmes.
Au-delà du cadre normatif, l’experte a insisté sur la responsabilité des médias dans la mise en œuvre de cette résolution. Selon elle, les journalistes doivent contribuer au respect des piliers de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, notamment la participation, la prévention, la protection, le secours et le relèvement, tout en faisant des médias des espaces de sensibilisation, d’éducation citoyenne et de plaidoyer en faveur d’une représentation équitable des femmes dans les processus décisionnels.
Former à un journalisme responsable
Le second exposé, animé par le chef de travaux Obul Okwes, a porté sur les fondamentaux de l’écriture journalistique en période de conflit. Le formateur a rappelé que la vocation du journaliste consiste avant tout à établir les faits et à les rapporter avec rigueur, tout en permettant au public d’en comprendre les enjeux.
Dans les situations de crise, a-t-il expliqué, le professionnel des médias est tenu à un double impératif : informer avec exactitude et expliquer avec responsabilité. Il a exhorté les participants à respecter les principes d’authenticité des faits, de recoupement systématique des informations et d’équilibre des sources, indispensables à un journalisme crédible.
Un concours pour promouvoir un journalisme sensible au genre
Le moment le plus attendu de cette session est intervenu avec le lancement officiel de la deuxième édition du Concours Médias, Femmes, Paix et Sécurité.
À travers cette initiative, le CAFCO entend encourager les jeunes journalistes à produire des contenus de qualité, reportages, enquêtes, articles ou émissions, mettant en lumière les enjeux de la Résolution 1325 ainsi que les initiatives de paix portées par les femmes.

Ouvert aux professionnels des médias âgés de 23 à 35 ans, le concours se déroulera du 17 juillet au 17 octobre 2026. Les productions seront évaluées sur leur capacité à promouvoir une information sensible au genre, à la paix et à la sécurité.
Une initiative déployée dans plusieurs provinces
Au-delà de Kinshasa, cette dynamique est déployée simultanément dans six autres provinces : l’Équateur, le Kongo Central, le Maniema, le Kwilu ainsi que les deux provinces du Kasaï. Cette extension illustre la volonté du CAFCO et de son partenaire, le GNWP, de faire des médias un véritable levier de transformation sociale et de promotion de la paix à travers le pays.
Aggée CHUGA
