Engagée dans la promotion des droits des filles et la protection des enfants en milieu scolaire, la structure Marie Médiatrice Groupe d’Encadrement Professionnel de la Jeune Fille et de la Femme Rurale (M.M.GEPROF), dirigée par Bernadette MBUYI, a mené une vaste campagne de sensibilisation contre les violences basées sur le genre (VBG) dans plusieurs établissements scolaires de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

Organisées sous la supervision du FFC, ces activités se sont déroulées du 20 avril au 8 juin 2026 dans cinq écoles situées dans la commune de Kimbanseke. Au total, quinze séances de sensibilisation, animées par les élèves eux-mêmes, ainsi que cinq causeries éducatives ont été organisées au profit de milliers d’apprenants.

Cette initiative visait notamment à promouvoir l’application de l’article 42 de la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que de l’article 19 de la Convention relative aux droits de l’enfant, deux dispositions garantissant la protection des enfants contre toute forme de maltraitance et consacrant l’école comme un espace sûr, sain et protecteur.

À l’école Cosma, les élèves ont été sensibilisés à l’égalité entre les sexes, aux différentes formes de violences basées sur le genre ainsi qu’à la communication non violente. Près de 500 élèves ont pris part aux séances organisées dans cet établissement.

Au Lycée Palazzolo, qui compte environ 670 filles, les échanges ont porté sur le mariage précoce et forcé, la prévention du viol ainsi que les pratiques néfastes en milieu scolaire.

De son côté, le Collège Mère Teresa a accueilli plusieurs séances consacrées aux notions fondamentales liées aux VBG, aux violences en milieu scolaire et aux mécanismes de prise en charge des victimes de viol.

Les activités se sont également poursuivies au Collège Don Bosco (Mastnack), où près de 700 élèves ont été sensibilisés aux manifestations des VBG, au mariage forcé et aux principaux piliers de la lutte contre ces violences.
À l’Institut Malako, environ 600 élèves ont participé à des séances similaires portant notamment sur les différentes formes de VBG et les attitudes à adopter en cas de viol.

Au-delà des séances de sensibilisation, les causeries éducatives ont permis aux élèves d’exprimer leurs préoccupations et de partager leurs expériences.Ces rencontres ont révélé plusieurs inquiétudes chez les jeunes, notamment le manque de confiance dans le système judiciaire, la peur des représailles après une dénonciation, les difficultés de communication au sein des familles ainsi que certaines pratiques sociales perçues comme favorisant les violences à l’égard des filles.

Les participants ont également évoqué le phénomène du « Kinsudi », les mariages précoces ainsi que le caractère tabou de certaines discussions entre parents et enfants. Face à ces préoccupations, les encadreurs ont apporté des éclaircissements et rappelé aux élèves leur rôle dans la prévention, la dénonciation et la lutte contre toutes les formes de violences basées sur le genre.

À l’issue des activités, les élèves membres des clubs scolaires ont réaffirmé leur engagement à promouvoir des établissements scolaires plus sûrs, inclusifs et respectueux des droits de chacun.
Pour assurer la pérennité des acquis, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment le renforcement du suivi des clubs scolaires, l’organisation régulière de séances de sensibilisation, l’encouragement à la dénonciation des cas de violence ainsi que la promotion de l’utilisation des boîtes à suggestions dans les écoles.

Par cette initiative, M.M.GEPROF confirme son engagement en faveur de la protection de l’enfant et de l’autonomisation des jeunes filles, tout en contribuant à la construction d’un environnement scolaire exempt de violences et propice à l’épanouissement de tous les apprenants.
Aggée CHUGA
