Sur les bancs de l’école primaire de Pinzili, les voix se sont tues. Le tableau noir est resté intact, couvert de poussière. La dernière fois que les élèves ont récité l’alphabet ici, c’était il y a plusieurs semaines. Depuis, les attaques des rebelles ADF ont fait fuir les familles, les enseignants, et la vie scolaire elle-même.
Ici, dans la chefferie de Walese Vonkutu, en territoire d’Irumu (Ituri), l’insécurité ne se lit plus seulement dans les rapports, elle se vit au quotidien.

Sur le tronçon Komanda–Luna, le groupement Bandavilemba semble abandonné. Les villages comme Ofayi, Manzobe, Machongani, Otomabere, Ndalya ou Byane ont vu leurs populations diminuer à vue d’œil. Les attaques terroristes répétées ont transformé la route nationale numéro 4 en corridor de peur.

« Les enfants ne vont plus à l’école. Ceux qui ont fui se retrouvent dans des villages où il n’y a ni enseignants, ni cahiers, ni repas », confie, à voix basse, un chef local joint par Pourelle.info.
Des enfants sans école, sans enfance
Dans les zones de refuge, des enfants d’à peine huit ou neuf ans vendent des légumes ou du charbon au marché. D’autres, plus âgés, portent des sacs de terre dans les mines d’or artisanales ou cultivent des champs à la machette. L’école, pour eux, n’est plus qu’un souvenir lointain.

Pire encore, le vide éducatif devient un terrain fertile pour les groupes armés, qui profitent de la misère pour enrôler les adolescents désœuvrés.
« Mon fils était en 3ᵉ année secondaire. Depuis qu’on a fui Otomabere, il ne veut plus retourner à l’école. Il dit qu’il veut apprendre à se défendre », raconte une mère déplacée.
Appel à la sécurisation immédiate
Les autorités locales, tout comme les familles, lancent un cri d’alarme. Elles réclament une présence militaire renforcée, des patrouilles de combat régulières et des opérations ciblées pour déloger les rebelles encore actifs.
Pour les enfants de Walese Vonkutu, chaque jour sans école est une promesse brisée. Si rien n’est fait, une génération entière risque d’être sacrifiée, piégée entre la guerre et la survie.
Olivier Bin OKANDE
