À Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental dans le centre de la République démocratique du Congo, le vent chaud de septembre 2025 ne transporte pas seulement la poussière des ruelles, mais aussi des voix, celles de femmes venues des quatre coins du Grand Congo pour participer à la 8e édition du Forum National du Genre.
Ces femmes ne sont pas venues à cet endroit pour des défilés ni pour exprimer des doléances, mais elles sont là pour bâtir.

Dans une salle illuminée, la ministre en charge du Genre, Famille et Enfant, Micheline OMBAE KALAMA, a lancé le vendredi 12 septembre 2025 ces assises sous le thème “Femme, Paix, Sécurité et Relèvement Post-Conflits”.

Son regard est résolu, sa voix posée, mais ses paroles résonnent avec force :
« Trop, c’est trop. Plus jamais cela… », a-t-elle déclaré.
Ici, la patronne du genre n’aborde pas la politique. Elle évoque la souffrance, la résilience et ce combat des femmes de l’Est de son pays qui, en dépit des conflits, continuent de soigner, d’éduquer, de nourrir et de reconstruire.
Lors de l’ouverture de cet évènement une chaise a été laissée vacante au premier rang pour rendre hommage à Marie Louise URONYA FWANUTHI, cheffe de division genre dans la ville de Bunia, qui est décédée il y a quelques jours. Elle défendait aussi cette cause. C’est en son nom et au nom de toutes celles qui figurent parmi les oubliées des rapports officiels, que la ministre a exhorté à l’action.

Autour de la ministre, des visages empreints de détermination : cheffes de division, représentantes provinciales et activistes venues des 26 provinces, réunies pour une mission unique : élaborer une feuille de route nationale qui intègre leurs réalités, leurs souffrances, mais surtout leurs solutions.
Au cours des trois jours suivants, ces Congolaises aborderont des thématiques de paix et de famille, mais aussi de financement et d’entrepreneuriat féminin. Car la paix ne résulte pas uniquement de discours, elle émerge d’actions concrètes, d’autonomie et de dignité retrouvées.

Ce forum ne constitue pas un événement supplémentaire. C’est une plate-forme de reconstruction sociale, portée par celles dont la voix est trop souvent ignorée, mais qui sont au cœur des solutions.
Dans cet espace, chaque mot symbolise un engagement et chaque silence une prière pour que la paix ne demeure pas un songe, mais devienne une réalité façonnée par l’ensemble des femmes congolaises.
Aggée CHUGA
