L’auditorium était déjà comble lorsque les invités ont pris place. Après l’hymne national, un silence solennel a enveloppé la salle. Cette année, la campagne contre les violences faites aux femmes s’est concentrée sur un phénomène en pleine expansion : les violences numériques, ces agressions invisibles qui se propagent derrière les écrans.

Le vendredi 28 novembre 2025, la Fondation Femme et STEM a organisé, sous le patronage de la Présidence de la République à travers la Coordination en charge de la jeunesse, de la lutte contre les violences faites aux femmes et de la traite des personnes, une session d’échange et de sensibilisation sur les violences numériques faites aux femmes en République démocratique du Congo.
La cérémonie s’est ouverte par l’intervention de la présidente de la Fondation, Clarisse FALANGA, qui a salué l’engagement des institutions et a rappelé la nécessité d’une action collective. Ensuite est venu le mot de bienvenue de la rectrice de l’Université Pédagogique Nationale, Yvonne IBEBEKE, qui a souligné le rôle crucial de l’enseignement supérieur dans la transformation durable des mentalités.

Les représentantes de l’UNFPA et d’ONU Femmes ont par la suite rappelé que la lutte contre les violences faites aux femmes reste avant tout un devoir citoyen, au-delà des cadres institutionnels.
La coordinatrice des services spécialisés en charge de la jeunesse et de la lutte contre les violences basées sur le genre, Chantal YELUP MULOP, a officiellement lancé les travaux.

Des panels pour comprendre et agir
Le premier panel, intitulé « Femmes : victimes ou actrices face aux violences ? », a proposé une lecture nuancée du vécu féminin. Les panélistes ont montré que, loin d’être de simples victimes, les femmes jouent des rôles actifs et stratégiques dans les dynamiques sociales, malgré les obstacles.

Le second panel s’est penché sur « Le numérique : arme de destruction ou outil de gestion ? ». Les échanges ont mis en lumière l’ambivalence des technologies, capables d’amplifier les violences mais aussi de devenir des outils d’émancipation et de protection. L’entreprise SODECO est intervenue pour rappeler l’importance du numérique non seulement comme espace à sécuriser, mais aussi comme levier d’accompagnement professionnel pour la jeunesse.
Un appel à la synergie et à l’engagement collectif
La séance s’est conclue par le message du Ministre provincial chargé du Genre et de l’Éducation, Thierry TSHITENGA, qui a insisté sur la nécessité d’une collaboration durable entre institutions, partenaires et étudiants pour éradiquer ce fléau.

« Vous êtes la génération capable de refuser les normes discriminatoires et de bâtir une société où chaque femme peut évoluer en sécurité, hors ligne comme en ligne ».
La rencontre a démontré que la lutte contre les violences numériques exige une action collective, une vigilance constante et un engagement ferme de tous les acteurs pour garantir un espace numérique sûr pour les femmes.

Recommandations formulées : Former et sensibiliser les jeunes aux risques et aux bonnes pratiques numériques; renforcer les mécanismes de signalement et la coordination entre institutions et promouvoir une culture numérique responsable, refusant tout contenu portant atteinte à la dignité des femmes.
Aggee CHUGA
