A Kinshasa, elle accepte l’humiliation : « Le combat quotidien de Rachel BATULUKISI pour ses enfants »

Au cœur de l’effervescence de Kinshasa, parmi les carrefours les plus animés, se cachent des visages oubliés par la société. Parmi eux, celui de Rachel BATULUKISI, une femme handicapée d’une trentaine d’années, qui lutte chaque jour pour nourrir ses trois enfants.

Installée sur le trottoir de la place Victoire, en face de l’arrêt de taxis motos et véhicules qui font le trajet Kintambo Magasin et ex.ISC, Rachel tend la main, espérant quelques pièces pour survivre. Son handicap remonte à son enfance, à l’âge de 8 ans, à la suite d’une fracture mal soignée dans sa province natale du Bandundu. « C’est en jouant que j’ai eu une fracture à la jambe. Malheureusement, cela m’a conduite à cet état de handicap », confie-t-elle avec émotion au micro de POURELLE.INFO

Venue à Kinshasa avec le père de ses enfants, Rachel rêvait de reconstruire sa vie. Mais rapidement, le rêve s’est transformé en cauchemar. « La belle-famille n’a jamais accepté que leur fils vive avec une femme handicapée. Ils l’ont poussé à m’abandonner », raconte-t-elle avec amertume.

Depuis, Rachel élève seule ses enfants, sans aucun appui familial ni aide sociale. Face à l’indifférence des autorités et à l’adversité quotidienne, la mendicité est devenue pour elle une question de survie.

Chaque jeudi et vendredi, de 7h à 15h, elle s’installe à la place Victoire, espérant récolter quelques pièces pour payer son loyer — 20 dollars par mois à Camp Luka — et nourrir ses enfants. « Je n’ai pas d’autre choix », explique-t-elle. « Il faut que je paie le loyer, que je nourrisse mes enfants ».

Mais mendier dans la rue est loin d’être sans souffrances. « Certaines personnes me donnent avec gentillesse, mais d’autres m’insultent. Elles me disent : “Ce n’est pas nous qui t’avons rendue handicapée, va chercher le père de tes enfants” », témoigne-t-elle avec douleur.

Malgré les humiliations et les blessures invisibles, Rachel garde l’espoir qu’un jour, le père de ses enfants reviendra assumer ses responsabilités. En attendant, elle se bat seule, chaque jour, pour offrir à ses enfants un minimum de dignité.

L’histoire de Rachel n’est malheureusement pas unique. Elle incarne la détresse silencieuse de nombreuses femmes vulnérables à Kinshasa, rejetées par leur entourage, ignorées par les institutions et contraintes de mendier pour survivre.

Ces mères courageuses sont le reflet poignant de l’échec du système social congolais à protéger les plus démunis.

Grâce NGOMA

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