En RDC, les femmes parlementaires sont appelées à passer de la théorie aux actions concrètes à l’issue de trois jours d’atelier, tenus du 28 au 30 septembre, sur la législation sensible au genre au Palais du peuple.

Cette formation a été organisée par l’ONU Femmes en collaboration avec le Réseau des femmes parlementaires de la RDC (REFEPA). Ces trois jours d’atelier ont permis aux participantes et participants d’approfondir plusieurs notions liées à l’exercice du mandat parlementaire.
Les femmes parlementaires ont été outillées notamment sur les techniques législatives sensibles au genre, l’élaboration et l’examen des propositions de loi, les techniques de négociation, le leadership et la redevabilité.
Les travaux ont également mis un accent sur l’analyse des politiques et des budgets publics sous l’angle du genre, mais aussi sur l’arsenal juridique relatif aux droits des femmes. Il s’agit notamment de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et du Protocole de Maputo.
Antoinette N’SAMBA KALAMBAYI, présidente du REFEPA, appelle à mettre les connaissances acquises au service du mandat parlementaire. D’après cette députée nationale, cette formation a permis aux femmes parlementaires de mieux comprendre comment élaborer une proposition de loi, suivre la procédure législative et négocier au sein des institutions.

Lors de son intervention, RIZIKI MANENO BANDU, première vice-présidente du REFEPA, a exhorté les parlementaires à passer de la théorie à la pratique. Elle estime que l’intégration du genre dans le travail parlementaire doit se traduire dans la manière d’élaborer les lois, mais aussi dans l’exercice du contrôle parlementaire, notamment lorsqu’il s’agit d’examiner les budgets publics.

RIZIKI MANENO BANDU a également insisté sur les réalités auxquelles sont confrontées les femmes loin des grands centres urbains. L’alphabétisation des filles, les mariages précoces et certaines pratiques liées aux traditions figurent, selon cette députée nationale, parmi les questions qui nécessitent une attention particulière dans les politiques publiques.
De son côté, la députée nationale Dollie TSHILOMBO voit cet atelier comme une étape dans un processus d’apprentissage continu. Elle salue une initiative qui permet aux élues d’actualiser leurs connaissances et d’acquérir de nouvelles compétences nécessaires à l’exercice de leur mandat, soulignant l’importance de renforcer la participation des femmes dans les institutions et de les encourager à participer à ce type d’initiatives.

Cette formation intervient dans un contexte où les femmes demeurent minoritaires au sein du Parlement congolais. Selon les dernières données disponibles dans la base Parline de l’Union interparlementaire, l’Assemblée nationale compte 64 femmes sur 500 députés, soit 12,8 %. Au Sénat, les femmes occupent 17 des 109 sièges, soit 15,6 %.

Aggée CHUGA
