La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations, Marie-Thérèse SOMBO, a annulé les nominations de l’AFC/M23 dans les établissements universitaires à Goma et à Bukavu dans la région du Kivu, les déclarant « nulles et sans effets juridique ni administratif ».

Dans un communiqué officiel, Marie-Thérèse SOMBO affirme que seuls les comités de gestion légalement désignés par le pouvoir central sont habilités à exercer leurs fonctions. Elle annonce des sanctions contre toute personne qui chercherait à se prévaloir des nouvelles nominations ou à contribuer à leur mise en œuvre.

« Aucun mouvement armé ou structure dépourvue de légitimité constitutionnelle ne peut se substituer aux institutions légalement établies et exercer des compétences sur l’organisation et le fonctionnement des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire », a déclaré la ministre de l’ESU/RSI.
Marie-Thérèse SOMBO dénonce une démarche qu’elle qualifie «d’ingérence dans le fonctionnement des institutions publiques de la République ». Elle rappelle que « l’occupation temporaire d’une partie du territoire national ne confère ni souveraineté, ni compétence administrative, ni autorité institutionnelle, ni pouvoir de nomination ».
Selon ce communiqué, ces désignations auraient été opérées le 7 août au sein des comités de gestion de dix établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire situés dans les villes de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu. Deux villes contrôlées par les rebelles de l’AFC/M23, depuis janvier 2025, soutenus par le Rwanda.

Cette décision de la ministre Marie-Thérèse SOMBO intervient dans un contexte sécuritaire tendu dans les Nord et Sud-Kivu, en proie à la rébellion de l’AFC-M23. La question de la gestion des institutions publiques dans les zones occupées par l’AFC/M23 demeure au cœur du bras de fer entre le gouvernement et ce mouvement armé.

Pour les autorités, la gestion de l’enseignement supérieur reste une prérogative des institutions légalement établies de la République.
Malgré l’annulation de ces décisions par la ministre de l’ESU, la situation des universités à Goma et Bukavu reste toutefois incertaine et délicate.
Germaine BAKAMBANA
