À l’occasion de la Journée internationale des veuves, célébrée ce 23 juin 2026 à l’Espace Maïsha, à Kinshasa, le gouvernement de la République démocratique du Congo a renouvelé son engagement à renforcer la protection juridique, sociale et économique des veuves à travers le pays.

Cette journée commémorative a constitué un cadre d’échanges et de plaidoyer permettant aux veuves de faire entendre leurs voix, d’exprimer leurs préoccupations et de mettre en lumière les défis auxquels elles sont confrontées au quotidien.

Parmi les principales difficultés évoquées figurent la précarité économique, les conflits liés aux successions, le manque de formations professionnelles ainsi que certaines pratiques coutumières qui continuent de marginaliser de nombreuses femmes après le décès de leurs conjoints.
Prenant la parole au nom de la Solidarité des veuves et orphelins des artistes congolais (SOVOAC), sa présidente, Mado EKENE, a livré un témoignage poignant sur la réalité que vivent les veuves congolaises :

« Si, dans cette salle, nous avons dix veuves, sachez que ces chiffres représentent dix histoires de déchirement et dix destins qui ont basculé. Et si elles étaient dix mille, cela représenterait également dix mille plaintes et dix mille situations dégradantes. Derrière les veuves, il y a des milliers d’orphelins dont l’horizon s’est brusquement obscurci le jour où ils ont perdu les piliers de leur foyer », a-t-elle déclaré.
Elle a également insisté sur le manque d’opportunités économiques et de formations professionnelles qui plongent de nombreuses femmes dans une grande vulnérabilité :
« De nombreuses veuves deviennent brutalement chefs de famille sans aucune qualification professionnelle. Comment nourrir une famille? Comment payer le loyer ? », s’est-elle interrogée.
Face à ces préoccupations, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline OMBAE KALAMA, a salué la résilience et le courage des veuves avant de réaffirmer les engagements du gouvernement en leur faveur :

« Nous nous engageons à renforcer la protection juridique des veuves dans les affaires successorales en valorisant le Code de la famille et en mettant en place un accompagnement juridique adapté. Nous veillerons également à faciliter leur accès aux ressources économiques, notamment à travers les programmes de microfinance, les formations professionnelles et les activités génératrices de revenus. Nous nous engageons aussi à sensibiliser les communautés afin de mettre fin aux pratiques coutumières qui marginalisent les veuves et leurs dépendants », a-t-elle déclaré.
La ministre a également encouragé les femmes à poursuivre les initiatives favorisant leur autonomisation économique, les invitant à développer des activités commerciales rentables, durables et conformes aux normes établies par l’État.

Au-delà des discours, des actions concrètes ont été posées au cours de cette cérémonie. Des brevets de participation ont été remis aux femmes ayant suivi des formations sur l’autonomisation économique. Des pagnes leur ont également été distribués en signe de solidarité et de soutien.
À travers cette célébration, les autorités congolaises ont rappelé que la protection des veuves demeure une question de justice sociale et de dignité humaine.

Elles ont également souligné la nécessité de traduire les engagements pris en actions concrètes et durables afin d’améliorer les conditions de vie de milliers de veuves et d’orphelins en République démocratique du Congo.
Aggée CHUGA
