Dans les couloirs du siège des Nations-Unies, là où le destin du monde se négocie souvent dans des discours soigneusement calibrés, une voix s’est élevée avec force et authenticité. Celle de Micheline OMBAE, Ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant de la République démocratique du Congo.

À New York, le 23 septembre 2025, lors de la session commémorative du 30e anniversaire de la 4e Conférence mondiale sur les femmes, événement ayant eu lieu en 1995 à Beijing en Chine, Micheline OMBAE ne s’est pas contentée de parler. Elle a porté une parole, une histoire, une lutte, celle de millions de femmes congolaises, africaines, et du monde, qui refusent de rester invisibles.

S’exprimant devant une assemblée internationale, Micheline OMBAE a choisi de poser les mots justes, sans détour ni diplomatie excessive. Elle a qualifié l’enceinte onusienne de « haut lieu de vanité des relations internationales », une formule qui a marqué les esprits. Non pas par provocation, mais par vérité.
Car pour elle, il ne s’agissait pas seulement de commémorer une déclaration vieille de 30 ans. Il fallait rappeler aux États membres que les promesses sans actes concrets ne sauvent pas les vies.

« Il est temps de clarifier les engagements, d’augmenter les ressources et d’agir », a-t-elle laissé entendre.
Transmettant les salutations du Président Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, la ministre du Genre en RDC a dressé un tableau clair des avancées enregistrées en RDC, tout en reconnaissant que le chemin reste long.
Elle a évoqué des mesures fortes prises ces dernières années :Gratuité de l’enseignement et des soins de maternité,Développement de l’entrepreneuriat féminin, Création d’emplois durables, transport scolaire gratuit dans les zones rurales, et un fait marquant : 44% de représentation féminine au sein du gouvernement actuel.
Ces chiffres ne sont pas que des statistiques. Ce sont, pour elle, des signes tangibles que la transformation est possible quand la volonté politique s’aligne sur les besoins du peuple.
Cependant, le silence s’est alourdi lorsqu’elle a parlé de l’Est de la République démocratique du Congo.
Des femmes violées. Des enfants arrachés à l’enfance. Des villages entiers transformés en cimetières d’espoirs. Avec émotion mais fermeté, Micheline OMBAE a dénoncé les violences armées que subit son pays, désignant clairement le Rwanda comme partie prenante dans cette tragédie humaine :
« La paix en RDC est la clé du développement de toute la région des Grands Lacs, et même de l’Afrique », a-t-elle dit.
Mais loin de se contenter d’un constat, la ministre a lancé un appel mondial, pour l’intégration de la lutte contre les violences basées sur le genre dans toutes les politiques nationales, l’adoption d’une stratégie nationale de prévention et la mise en place d’un mécanisme de réparation pour les survivantes.
Son discours s’est terminé dans un ton vibrant, presque solennel, mais toujours engagé : « Avec force, espérance, justice et engagement, nous continuerons le combat pour la dignité des femmes et la paix dans notre pays ».
Aggée CHUGA
