Depuis plusieurs mois déjà Kinshasa voit des habitations se démolir sur ordre du gouvernement provincial. L’objectif est de désengorger la capitale envahie par des constructions anarchiques, occasionnant des inondations pendant des fortes pluies.
Le vendredi 19 septembre 2025, dans la commune de Limeté, au quartier industriel (12e,13e et 14e rues) , le soleil s’est levé sur un vacarme inhabituel. Ce ne sont pas les cris des enfants jouant dans les ruelles ni les klaxons familiers des taxis-bus, mais le grondement lourd d’un bulldozer. Des maisons tombent, l’une après l’autre . Pas seulement des briques, mais des vies, des histoires, des espoirs.

Dans cette commune jadis tranquille de la capitale de la République démocratique du Congo, plusieurs familles ont assisté impuissantes, à la démolition de leurs habitations.
Des bâtisses parfois modestes, parfois bien tenues, mais toutes construites avec le fruit de plusieurs années de sacrifices. Murs ornés de photos de famille, chambres pleines de rires d’enfants, cuisines marquées par l’odeur des plats du dimanche… balayés en quelques minutes.

Officiellement les autorités de la ville s’attaquent aux “constructions anarchiques”, aux occupations illégales. Mais dans les yeux des habitants, c’est l’incompréhension et la douleur qui dominent. Car peu ont reçu un préavis, et encore moins une solution de relogement.
« Où dormirons-nous ce soir ? Où iront les enfants après l’école ?», s’interroge une des victimes de cette démolition.

Dans les décombres, des mères pleurent, des pères gardent le silence, dignes mais brisés. Certains tentent de sauver un meuble, un sac, un souvenir. D’autres restent figés, choqués par la rapidité de l’opération.

À Limeté, ce ne sont pas juste des maisons qu’on a démolies. C’est un pan de vie qu’on a arraché, sans bruit ni procès, dans un fracas qui continue d’émettre des échos bien au-delà des murs effondrés.
Aggée CHUGA
