À Kalemie, ville située dans la province du Tanganyika, les violences conjugales continuent de faire des ravages au sein des foyers, sous un silence pesant. Ce phénomène, souvent dissimulé derrière les murs de l’intimité familiale, touche principalement les femmes, qui en sont les premières victimes.

Elles subissent des agressions physiques, des humiliations psychologiques, des violences sexuelles et parfois des actes mortels, comme l’a tristement illustré le récent drame conjugal survenu à Katanika, quartier périphérique de Kalemie dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 septembre 2025 sur l’avenue Djuma, dans le quartier Katanika, commune de Kalemie.
En effet, Mamie NDAYA, une femme âgée d’environ 40 ans, a tragiquement perdu la vie après avoir été mortellement agressée par son mari, Tchipanga Tchimaro, au cours d’une violente altercation.
Selon les témoignages recueillis sur place, la dispute aurait éclaté tard dans la nuit, dégénérant rapidement en affrontement physique. Les cris de la victime ont alerté les voisins, qui ont tenté d’intervenir pour calmer la situation. Mais l’homme, visiblement hors de lui, aurait brandi une machette pour dissuader toute tentative de secours. Face à cette menace, les riverains ont été contraints de se replier, impuissants devant la scène.

Après avoir constaté le décès de son épouse, le suspect aurait tenté de prendre la fuite. Il a toutefois été intercepté peu après par les forces de l’ordre, qui l’ont placé en garde à vue.
Le corps de la victime a été transféré à l’hôpital général de référence de Kalemie, où il repose actuellement à la morgue en attendant les formalités judiciaires, notamment l’autopsie.
Selon, Josaphat-marquis NGOY, coordonnatrice du réseau des femmes des médias à Kalemie, ce qui rend ces violences particulièrement dangereuses, c’est leur invisibilité :

‹‹ Elles se déroulent derrière des portes closes, loin des regards, dans un climat de peur, de silence et de honte. Les victimes, souvent dépendantes de leur partenaire sur le plan financier ou émotionnel, hésitent à dénoncer les abus. Certaines craignent les représailles, d’autres redoutent le jugement de leur entourage ou le manque de soutien des autorités », a-t-elle dit.
À Kalemie, plusieurs cas tragiques ont récemment secoué la population, révélant l’ampleur du phénomène. Des femmes ont perdu la vie, d’autres vivent dans la terreur quotidienne, sans recours ni protection. Ces drames rappellent que les violences conjugales ne sont pas des conflits ordinaires, mais des atteintes graves aux droits humains.
Josaphat-marquis NGOY ajoute que les conséquences sont multiples : ‹‹ les blessures physiques, traumatismes psychologiques, isolement social, déscolarisation des enfants, et parfois, la mort. Ce fléau affecte non seulement les victimes directes, mais aussi les familles, les communautés et l’ensemble du tissu social ».
Eh oui! les violences conjugales ne sont pas des faits divers. Elles sont le reflet d’un déséquilibre profond dans nos sociétés, d’un système qui tolère trop souvent l’inacceptable. Des femmes, des hommes et parfois des enfants vivent chaque jour dans la peur, enfermés dans un cycle de souffrance et de silence.

« Face à cette réalité, il est urgent d’agir. Urgent, car chaque jour de silence est une journée de trop. Urgent, car chaque cri étouffé, chaque blessure dissimulée, chaque vie brisée est une défaite collective. Nous ne pouvons plus détourner le regard. Nous ne pouvons plus attendre que le prochain drame nous réveille, d’où les autorités locales, les organisations de défense des droits humains et les leaders communautaires doivent unir leurs efforts pour :
• Sensibiliser la population sur les formes et les dangers des violences conjugales,
• Encourager les victimes à briser le silence et à chercher de l’aide,
• Mettre en place des structures d’accueil, d’écoute et de protection,
• Renforcer les lois et les sanctions contre les auteurs de violences,
• Promouvoir le dialogue, le respect et l’égalité au sein des couples », a martelé Josaphat-marquis NGOY en guise de conclusion.
Ainsi donc les violences conjugales ne doivent plus être tolérées ni dissimulées. À Kalemie, comme ailleurs, chaque foyer mérite d’être un lieu de paix, de dignité et de sécurité et, chaque individu a droit à une vie libre de toute violence.
Eric KIYOMBO / Tanganyika
