Le 23 juin, le monde célèbre la Journée Internationale des veuves, une initiative des Nations-Unies visant à mettre en lumière la discrimination et l’injustice que subissent les veuves à travers le globe.
Pour cette année 2025, le thème est : «Élever la voix des veuves », soulignant l’importance de briser le silence sur les défis auxquels ces femmes font face après la mort de leurs maris ou compagnons.
En République démocratique du Congo, et particulièrement à Kinshasa, environ 50 % des femmes seraient veuves, selon le site web des Nations-Unies . Ce chiffre alarmant met en évidence la vulnérabilité de cette catégorie de femmes, souvent confrontées à des pratiques traditionnelles dégradantes. Les rites d’inhumation peuvent parfois se traduire par des conséquences mortelles pour les veuves, qui sont contraintes de se soumettre à des traditions ancrées dans la culture.
Dans le quartier de Mikondo, commune de Kimbanseke, dans l’Est de la ville de Kinshasa, deux veuves nous ont livré des témoignages de leurs expériences tragiques.
L’une d’elles, MESA NDONGO Aimé raconte :

« Nous avons beaucoup de difficultés, notamment le manque de logement. Juste après le décès de mon mari, la belle-famille m’a mise dehors et aujourd’hui, nous ne savons où vivre avec les enfants ».
Un autre cas, celui de Néné NGANZOLO, qui a perdu son mari il y a 20 ans, illustre également cette lutte. Ignorante de ses droits, elle a été laissée sans abri :

« J’ai eu beaucoup de problèmes, notamment en ce qui concerne l’accès à la justice. Ma maison a été ravie par la belle-famille, me laissant à la belle étoile. Je suis malade et je ne sais pas où aller ».
Pour de nombreuses femmes, la perte d’un partenaire est aggravée par un combat acharné pour leurs droits fondamentaux.
Malgré les 258 millions de veuves dans le monde, elles demeurent souvent invisibles et sans soutien. Beaucoup d’entre elles dépendent de dons et de l’accompagnement des ONG, tandis que les droits de succession leur sont fréquemment refusés.

La stigmatisation joue un rôle crucial dans cette réalité : les veuves sont souvent considérées comme responsables de la mort de leurs conjoints, ce qui entraîne discrimination et isolement.
À l’occasion de la Journée internationale des veuves, il est impératif de dénoncer ces injustices et de travailler pour la sauvegarde et la promotion des droits des veuves à Kinshasa et ailleurs. Cela nécessite une sensibilisation accrue, des réformes législatives et un soutien communautaire.
En élevant la voix des veuves, nous pouvons contribuer à un changement significatif, permettant à ces femmes de retrouver dignité et respect dans la société.
Christian MUKAYA
