Chaque 21 septembre, le monde célèbre la Journée internationale de la paix. Une journée pour rappeler la nécessité de prévenir les conflits, de promouvoir le dialogue et de construire des sociétés plus pacifiques.

Mais au-delà des cérémonies, des discours et des messages officiels, une question mérite d’être posée : quelle place accordons-nous réellement aux femmes dans la construction de la paix? Parce que les femmes ne sont pas uniquement des victimes des conflits. Elles sont aussi des actrices de prévention, de médiation, de cohésion sociale et de reconstruction.
Dans les communautés, les familles, les organisations, les médias et les institutions, nombreuses sont celles qui contribuent, souvent dans l’ombre, à maintenir le dialogue et à reconstruire ce que les crises ont détruit.
Pourtant, lorsqu’arrivent les grandes négociations, les processus de paix ou les espaces où se décident les solutions, leur présence reste encore trop souvent insuffisante.
Pourquoi celles qui vivent directement les conséquences des conflits ne seraient-elles pas davantage présentes là où se décident les réponses ?

La participation des femmes aux processus de paix ne devrait pas être pensée comme une faveur qui leur est accordée ou comme une simple question de représentation. Elle doit être considérée comme une composante de la construction d’une paix durable. Car la paix ne signifie pas seulement l’absence de combats.
Elle signifie aussi pouvoir vivre sans peur, envoyer ses enfants à l’école, accéder à la justice, participer à la vie publique, travailler dignement, prendre la parole sans être réduite au silence et voir ses droits respectés.
Dans cette perspective, la paix est également une question de société et d’égalité. Il appartient donc aux institutions, aux acteurs politiques, aux organisations de la société civile, mais aussi aux médias, de créer davantage d’espaces permettant aux femmes de participer aux réflexions et aux décisions liées à la paix.
Et le rôle des médias est essentiel.
Informer sur les conflits et leurs conséquences est nécessaire. Mais le journalisme peut aller plus loin : donner la parole aux femmes, documenter leurs expériences, enquêter sur les violences qu’elles subissent, mettre en lumière celles qui œuvrent pour la paix et analyser les décisions qui influencent leur quotidien.
C’est aussi cela, faire du journalisme sur les femmes : ne pas seulement raconter ce qui leur arrive, mais interroger les systèmes, les choix et les responsabilités qui façonnent leur réalité.
En cette Journée internationale de la paix, au-delà des slogans et des célébrations, une interrogation demeure : Sommes-nous réellement prêts à considérer les femmes comme des actrices à part entière de la paix, y compris là où se prennent les décisions?
La réponse à cette question déterminera aussi la profondeur de notre engagement en faveur d’une paix véritable, durable et inclusive. La paix ne doit pas seulement être célébrée. Elle doit être construite. Et les femmes doivent être pleinement à la table où cette construction se décide.
Par MOLOBELI ya Basi
