L’ONU Femmes a présenté, mardi 22 septembre à Kinshasa, une stratégie d’intégration du genre dans le plan de riposte multisectorielle « One Health » contre la maladie à virus Ebola.
Pour Dr Setcheme Jéromine MONGBO, représentante pays d’ONU Femmes en RDC, cette dimension doit être davantage prise en compte dans la riposte.

Elle souligne la vulnérabilité particulière des femmes, des adolescentes et des enfants face aux conséquences de l’épidémie, tout en relevant les effets du virus Ebola sur les moyens de subsistance des ménages.
Pour une riposte qui intègre la dimension genre, l’ONU Femmes donne six pistes. Celles-ci ont été déclinées par Catherine ODIMBA KOMBE, représentante adjointe d’ONU Femmes en RDC. Il s’agit de la redevabilité en matière de genre, du leadership et de la participation des femmes, de la protection et de la résilience, de la localisation et du financement, des données et connaissances, ainsi que du lien entre action humanitaire, développement et paix.

Pour l’ONU Femmes, l’objectif est d’intégrer les engagements liés au genre dans les plans et mécanismes de suivi, d’accroître la participation des femmes dans les équipes et espaces de décision, de renforcer leur protection contre les violences basées sur le genre et de faciliter l’accès des organisations féminines aux financements.
Cette démarche intervient alors que la RDC est confrontée à la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo. Sept provinces sont touchées depuis la résurgence de l’épidémie en mai dernier. Il s’agit de l’Ituri, épicentre de la maladie, de la Tshopo, du Haut-Uélé, du Bas-Uélé, du Sud-Ubangi, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon les données présentées lors de l’atelier au 16 septembre, la riposte comptabilise 7 475 cas confirmés cumulés et 3 605 décès, soit un taux de létalité de 48,2 %.
Les femmes représentaient 54 % des cas signalés, tandis que la létalité était estimée à environ 60 % chez les enfants de 0 à 4 ans.
De son côté, Anne ANCIA, représentante par intérim de l’OMS en RDC, a salué les efforts engagés par les autorités congolaises et leurs partenaires dans la coordination de la réponse. L’OMS accompagne notamment la mise en œuvre du plan révisé de 180 jours.

Cet échange a été organisé avec l’appui technique des ambassades de Suède et de Norvège ainsi que d’autres partenaires.
La présentation du plan stratégique intégrant le genre dans la riposte vise à renforcer le dispositif multisectoriel déjà en place, notamment à travers un plaidoyer pour une meilleure prise en compte de la question du genre.

Aggée CHUGA
