Lors de la Journée du 16 septembre 2025 où le monde célèbre la journée mondiale du transport public, nous nous sommes tournés vers les difficultés que vivent des milliers de Kinois au quotidien pour se déplacer d’un point à un autre de la capitale congolaise.
Entre les embouteillages interminables, les véhicules en mauvais état, l’insécurité et la hausse des prix, les usagers naviguent chaque jour dans des conditions difficiles.
Pour de nombreux habitants, prendre un taxi-bus viable ou un « esprit de mort » (taxi-bus non viable ) n’est pas un choix, mais une nécessité. Ce mode de transport reste le seul accessible pour rejoindre leurs lieux d’études, de travail ou de commerce. Mais à quel prix ?
Entre inconfort, stress et retards, les témoignages révèlent une expérience bien loin de l’idéal.
À cet effet, POURELLE.INFO a recueilli les témoignages des quelques jeunes femmes kinoises.

« Les plus grandes difficultés, ce sont surtout la surcharge, on se déplace souvent serrés comme des sardines, sans confort ni aération, le manque de ponctualité, les embouteillages interminables, ainsi que la fluctuation des prix selon l’humeur des chauffeurs et receveurs, les saisons ou même les mois. Il y a aussi des problèmes d’insécurité, comme les pickpockets ou les disputes entre receveurs et passagers», a expliqué Ferramy MVOVI, journaliste spécialisée en communication sociale.
Et de poursuivre :
« Sans oublier les conditions d’hygiène : chaleur étouffante, poussière, manque de ventilation, ainsi que le non-respect du code de la route. Beaucoup de chauffeurs conduisent très mal, empruntant même le sens contraire, ce qui met en danger la vie des Kinois ».
Ferramy MVOVI a également énuméré quelques raisons qui la poussent à continuer à utiliser les transports en commun malgré les conditions difficiles :
« Ce qui nous pousse à continuer à les emprunter, c’est tout simplement parce que c’est la seule option accessible financièrement. Avoir une voiture personnelle coûte trop cher (carburant, entretien etc.) et les taxis ou motos individuelles reviennent plus chers que les bus ou taxis collectifs. Nos moyens ne nous permettent pas de prendre un taxi express ou de commander un Taxi avec un chauffeur uniquement pour soi. Donc, malgré l’inconfort, c’est un mal nécessaire pour se déplacer à Kinshasa ».
Un autre témoignage, c’est celui de Noëlla KOMASSI, diplômée en sciences biomédicales, passionnée par l’action de terrain et l’impact social. Celle-ci dit plutôt être fan de motos en raison de sa rapidité pour effectuer une course et éviter les embouteillages.
« La seule difficulté avec la moto c’est le prix de la course : pour une courte distance, cela coûte cher. Mais comme je ne souhaite pas rester bloquée dans les embouteillages, je n’ai pas d’autre choix que d’accepter le tarif et d’y aller », a-t-elle confié.

Elle a fait savoir que le côté positif avec les motos, c’est qu’elles lui permettent de faire rapidement ses courses, sans être bloquée par les embouteillages, souvent insurmontables à Kinshasa.
« Je trouve également que c’est abusif que chaque chauffeur fixe son propre tarif, surtout en cas d’embouteillages », s’est-elle lamenté cependant.
Noëlla KOMASSI souhaite qu’il n’y ait plus ces embouteillages horribles à Kinshasa. Pour elle, il faudrait revoir l’urbanisation de la ville, construire des routes réservées aux gros camions, et multiplier les voies pour les autres véhicules.
‹‹ Il est aussi important d’éviter les tracasseries routières, notamment avec les agents de bureau 2 et les motards. S’ils sont réellement des agents de bureau 2, qu’ils accomplissent leur travail dans le respect des usagers. Voilà ce que j’aimerais voir en priorité », a-t-elle dit.
Une autre Kinoise, ayant préféré garder l’anonymat, a également partagé son point de vue sur ce sujet :
« C’est le manque d’alternatives qui me pousse à emprunter les transports en commun. Si je ne les prends pas, je suis obligée de marcher, ce qui n’est pas réaliste avec tous les trajets que j’ai à faire. Parfois, la seule autre option, c’est la moto, mais cela comporte aussi de grands risques d’accidents».
Elle estime qu’il faudrait améliorer les conditions générales dans les véhicules, notamment leur état, et renforcer la discipline des policiers routiers pour qu’ils encadrent réellement les chauffeurs. Elle suggère aussi de continuer à asphalter les grandes artères, ce qui est déjà en cours, mais aussi d’aménager les petites ruelles afin de créer des raccourcis et fluidifier la circulation.
Divine LUKOMBO
