Rapport CAFCO : 288 cas de violences faites aux femmes dans les centres de vote

Rapport CAFCO : 288 cas de violences faites aux femmes dans les centres de vote

Le cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a présenté si rapport final sur la médiation électorale et d’alerte précoce des scrutins du 30 décembre et 31 mars 2019.

Selon ce rapport publié ce jeudi 06 juin, 288 cas de violences faites aux femmes ont été enregistrés dans les 180 centres de vote couverts par 360 médiateurs et médiatrices électoraux du CAFCO, dont 293 femmes et 67 hommes déployés afin de prévenir, de gérer et de résoudre les problèmes électoraux dans ces centres.

Ce tableau sombre dressé par le CAFCO sur le traitement réservé aux femmes dans les centres de vote le jour des élections, est une manière de dénoncer ce mal afin qu’il ne se reproduise plus aux prochaines élections locales, urbaines et municipales.

Les violences citées dans ce rapport sont entre autres : les injures (33), les voies de fait (40), les actes de corruption (19), les menaces (44), les violences verbales (68), les coups et blessures (2), les propos discriminatoires (36) et autres (41).

Les cas les plus élevés de violences ont été enregistrés à Butembo (63) et Beni (52) dans la province du Nord-Kivu, ainsi qu’à Kananga (44) au Kasai et à Mbuji-Mayi (37) au Kasai-Oriental.

CAFCO note que les auteurs de ces conflits, 854 au total sont les électeurs, les agents électoraux, les témoins de candidats et des partis politiques, les candidats eux même et les forces de sécurité.

Parmi les victimes de ces abus figurent également les agents électoraux femmes, les témoins femmes, les candidates et les forces de sécurité femmes. 813 conflits ont été directement gérés par les médiateurs et médiatrices tandis que 45 cas ont nécessité l’intervention urgente de la cellule de veille.

Parmi les causes spécifiées de ces conflits relevés dans ce rapport, il y a la non-maîtrise de la procédure de vote, l’amateurisme de certains membres des bureaux de vote, la délocalisation ou suppression/fusion de certains bureaux de vote, l’omission des noms de certains électeurs sur les listes électorales, les tentatives d’achat de vote par les partisans de certains candidats et l’ouverture tardive des bureaux de vote.

Ainsi, le cadre permanent de concertation de la femme Congolaise recommande:

– à l’Etat de veiller à la sécurité du processus électoral par une meilleure formation des agents affectés à cette tâche,
– à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) d’intégrer les médiateurs et médiatrices comme partie prenante au processus électoral,
– aux partis politiques de former suffisamment leurs militants ainsi que leurs mandataires sur le procédure de vote ,
même recommandation aux missions d’observation et aux partenaires techniques et financiers afin d’appuyer une étude d’identification des motivations profondes des violences subies par les femmes dans les villes les plus touchées par celles-ci.

Le CAFCO annonce la mise en place d’un corps de médiatrices et médiateurs électoraux susceptibles d’être mobilisés lors des prochaines échéances électorales.

Notez que les émissaires de CAFCO étaient présents dans 11 villes de la République Démocratique du Congo à savoir Kinshasa, Matadi, Kikwit, Kananga, Mbuji-Mayi, Lubumbashi, Kolwezi, Kisangani, Goma, Beni et Butembo.

Christian Mayimona

Laisser un commentaire