Le 12 juin marque la Journée mondiale contre le travail des enfants, une réalité malheureusement fréquente en République démocratique du Congo. En effet, en RDC, de nombreux enfants, vivant dans la pauvreté, sont parfois contraints de vendre dans les rues pour subvenir aux besoins de leur famille. Exposés aux dangers tels que les accidents, les enlèvements ou les escroqueries, ils sont privés de leur droit à l’éducation pendant que d’autres enfants de leur génération sont à l’école.

C’est le cas d’Abigaël et de son frère Winner, qui ne fréquentaient pas l’école parce que leur mère, par honte de vendre, les a obligés à vendre dans la rue à sa place. Faute de moyens, ces enfants étaient contraints de travailler, sous peine d’être privés de repas.

Leur calvaire a pris fin en 2024 grâce à une rencontre qu’ils ont faite dans la rue avec une éducatrice. Leur histoire est racontée par Fanny KAMWENI, éducatrice et fondatrice d’EVAPEV ( Évangile actif auprès des personnes vulnérables ), une maison d’accueil pour les enfants vivant dans la rue à Kinshasa.

« Pendant nos activités de sensibilisation au marché, J’ai rencontré Abigail et son frère Winner, vendeurs de légumes près du marché de KIMWENZA GARE, au mois de mai 2024, en pleine période d’examens scolaires. Je leur ai demandé ce qu’ils faisaient là. Ils m’ont répondu : “Si on ne vend pas, notre maman ne pourra pas nous nourrir.” Touchée, j’ai décidé d’acheter tous leurs légumes et je les ai accompagnés chez eux. J’y ai trouvé leur maman, bien portante, assise en train de manger du fufu et le matembele (les feuilles de patates) avec ses plus jeunes enfants. Elle a tenté de se justifier : “Leur Papa m’a abandonné, c’est pourquoi je leur demande de m’aider à vendre lorsque moi je m’occupe de la maison” », a relaté Fanny KAMWENI.

Et de poursuivre :
‹‹ Nous avons engagé un suivi régulier de la maman en la conscientisant ( un soutien porté pendant trois mois ), en l’encourageant à continuer à vendre seule, sans impliquer ses enfants tout en appuyant la scolarisation de ses enfants. À la rentrée de septembre 2024, Abigaël et son frère ont pu reprendre le chemin de l’école. Leur maman, elle, vend toujours, mais installe désormais ses légumes devant la maison, pour que ses enfants ne manquent pas d’aller à l’école, ni de repas ».

Ce témoignage met en lumière l’urgence de protéger les enfants contre les travaux forcés, pour leur garantir le droit fondamental à l’éducation.
Divine LUKOMBO
