5 femmes Belgo-Congolaises portent plainte contre l’État belge pour “Crimes contre l’Humanité”

Elles sont nées des parents congolais et belges à l’époque où la Belgique avait une domination sur la RDC, et aujourd’hui elles viennent de porter plainte contre l’État Belge pour crime contre l’humanité. En effet, Léa Tavares Mujinga, Monique Bintu Bingi, Noëlle Verbeken, Simone Ngalula et Marie-José Loshi, nées au Congo entre 1946 et 1950, ont déposé une plainte contre l’État belge pour enlèvement, abus, séparation de leur famille et perte d’identité. 

Elles ont introduit en début de cette semaine une action en responsabilité civile devant le tribunal de première instance de Bruxelles, en Belgique.

Nées durant la période où le Congo était une colonie belge, ces femmes ont été arrachées à leur foyer pour être placées dans des orphelinats, comme de nombreux autres enfants métis.

En 2018, le premier ministre Charles Michel, avait même présenté ses excuses au nom de l’État belge pour la ségrégation des enfants métis au Congo, au Rwanda et au Burundi. Mais ses mea-culpa n’étaient suffisants pour les plaignantes.

« L’État belge n’a pas eu le courage d’aller jusqu’au bout, de nommer le crime, car sa responsabilité encourait des dommages et intérêts », a plaidé Maître Michèle Hirsch, l’un des conseils de ces cinq femmes qui ont porté plainte contre la Belgique.

‹‹ Des excuses pour l’Histoire oui, mais des réparations aux victimes, non », a affirmé l’avocate, faisant référence aux excuses qui avaient été prononcées par l’ancien Premier ministre, Charles Michel, en 2018.

Et d’ajouter : « Mes clientes ont été enlevées, maltraitées, ignorées, expulsées du monde. Elles sont la preuve vivante d’un crime d’État non avoué, et bientôt il n’y aura plus personne pour témoigner. Si elles se battent pour que ce crime soit reconnu, c’est pour leurs enfants, leurs petits-enfants, car le traumatisme se transmet de génération en génération. Nous vous demandons de nommer le crime et de condamner l’État belge », a argumenté Me Michèle Hirsch devant la juge.

Notez que les avocats de ces femmes demandent une indemnisation provisoire de 50 000 euros pour chacune des cinq femmes, ainsi que la désignation d’un expert pour déterminer le véritable préjudice moral. L’affaire passera devant le tribunal civil de Bruxelles ce jeudi 14 octobre 2021.

Olivier Mukengeshayi

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